Sommaire cancer











Retour sommaire lexique médical spécialisé

LEXIQUE MEDICAL   Ca à Cn

Notre lexique médical est mis à jour régulièrement en fonction de vos demandes ou des informations dont vous nous ferez part.
Pour demander l'insertion d'une définition dans cette page Ecrivez-nous.

Lien vers la page Co à Cz

CA :
De l'anglais cancer antigen, cette abréviation désigne divers antigènes produits par les cellules cancéreuses. Libérées dans le sang, elles permettent un dosage dont le taux reflète le volume de la tumeur.

Cachexie :
État l'amaigrissement extrême et de fatigue généralisée. Cet amaigrissement peut être du à une insuffisance d'apport alimentaire ou à une affection pathologique. Elle correspond à la fin d'évolution chez 1/3 des cancéreux qui n'ont pas guéri. Elle découle de plusieurs facteurs tels que l'anorexie, dysphagie etc... Elle peut être traité par une prise en charge nutritionnelle (régime, alimentation par sonde ou intraveineuse) et par le traitement qui fera diminuer le nombre de cellules cancéreuses secrétant la cachetine.

Cachectine :
Substance produite par les macrophages et par certaines cellules cancéreuses. Produite au cours de l'inflammation, agissant sur les cellules de l'immunité et de la graisse, elle est responsable d'un amaigrissement (cachexie).

Cæcum :
Voir Côlon

Calcémie :
Taux de calcium dans le sang, souvent modifié chez les malades cancéreux. Un taux anormal provoque peu de troubles visibles. Pour un adulte, la calcémie est d'environ 96 mg par litre de plasma soit 2,1 à 2,6 mmol/l. On parle d'hypercalcémie quand elle dépasse le taux de 2,6 mmol/l et d'hypocalcémie quand elle descend en dessous de 2,1 mmol/l.

Calcitonine :
Appelée aussi thyrocalcitonine, il s'agit d'une hormone produite par la glande thyroïde. Elle diminue le taux de calcium dans le sang.  Son élévation accompagne certains cancers de la thyroïde. Son nombre indique alors l'importance de la tumeur. Elle sert à traiter l'hypercalcémie qui accompagne certains cancers par injection intra-musculaire, sous-cutanée ou intra-veineuse.

Calcium :
Métal qui entre dans la composition des os et qui joue aussi un grand rôle dans de nombreuses fonctions. Son  taux dans le sang (calcémie) est fréquemment modifiés au cours des cancers, ce qui entraîne des complications et justifie des dosages systématiques de la calcémie et détermine des traitements adaptés.
L'organisme d'un adulte contient de 1,1 à 1,2 kg de calcium dont l'essentiel (1 kg) est dans les os. Le reste se trouve dans les muscles et le sang. Les trois substances qui interviennent dans la régulation de la calcémie sont la parathormone (des glandes parathyroïdes à la base du cou) et la vitamine D qui  l'augmentent, la calcitonine qui la diminue. Les principaux aliments qui en apportent sont les laitages et les fromages.

Calculocancer :
On appelle ainsi un cancer favorisé par un calcul (ou lithiase) préalable. Cette succession concerne seulement les cancers de la vésicule et des voies biliaires, souvent précédés par des calculs.

Cancer :
Tumeur maligne formée par la multiplication désordonnée de cellules. Terme dérivé du grec KARKINOS (crabe). Prend sa connotation de tumeur maligne à la fin du XVème siècle (cancer, cancre, chancre). L'adjectif cancéreux date du milieu du XVIII siècle.

Cancérogène :
On dit parfois aussi Cancérigène (impropre). Se dit de substance, facteur ou situation susceptible de favoriser ou d'induire l'apparition d'une tumeur maligne.

Cancérogenèse :
C'est l'ensemble des facteurs et des mécanismes à l'origine des cancers. Les processus de cancérogenèse sont très variés mais présentent des caractères communs pour la plupart des cancers humains. Les principaux concernent la multiplicité des facteurs qui interviennent et la longue durée entre la première influence et l'apparition d'un cancer. On distingue des facteurs internes et des facteurs externes. Les premiers sont représentés par la constitution génétique d'un individu qui est plus ou moins vulnérable et exposé : par ex. parmi cent gros fumeurs beaucoup développent un cancer des bronches, quelques-uns très jeunes, la plupart à un âge avancé, tandis que d'autres, même vivant longtemps, n'en présentent pas. Les facteurs hormonaux jouent pour certains cancers : la femme fait cent fois plus de cancers du sein que l'homme; c'est sans doute aussi par l'intermédiaire d'hormones qu'influe l'alimentation. Les aspects immunologiques ont été beaucoup étudiés : les déficits immunitaires congénitaux ou acquis, après une transplantation ou un sida, favorisent l'apparition de cancers.
Les agents externes sont dominants. Il est plus facile de les influencer qu'une constitution génétique. Les produits chimiques ont été pour la première fois incriminés à la fin du XVIIIème siècle. Le tabac et plusieurs dizaines de produits toxiques inhalés avec sa fumée ont été démontrés cancérogènes. Les rayonnements ionisants provoquent des cancers. Une autre influence déterminante vient du soleil qui cause les cancers de la peau, nombreux mais heureusement faciles à guérir dans la majorité des cas. Enfin les agents infectieux sont dominés par les virus.
Il est exceptionnel qu'une seule influence suffise, à un moment donné, pour déterminer l'apparition d'un cancer. Au contraire la règle est que plusieurs facteurs interviennent de façon répétée pendant des mois et des années. Ils déterminent d'abord une transformation ou mutation d'une cellule qui acquiert le pouvoir de devenir un cancer. Ce phénomène initial, encore appelé " initiation ", ne suffit pas. Des interventions supplémentaires sont nécessaires pour permettre à la cellule modifiée de se multiplier pour donner un clone à potentiel cancéreux. Là encore il faut de nombreuses influences et du temps pour permettre cette multiplication, encore appelée " promotion ". Ces deux étapes conduisent à reconnaître des facteurs cancérogènes favorisant la première et appelés " initiateurs " et d'autres la seconde et appelés " promoteurs ". Tous ces événements demandent du temps. Cela explique que la plupart des tumeurs malignes n'apparaissent qu'à partir de 40 ou 50 ans. Cela donne du temps pour interrompre un enchaînement pathologique ou pour reconnaître, par le dépistage, un état précancéreux, le traiter et éviter ainsi sa dégénérescence maligne .
Ces événements successifs n'épargnent pas la cellule initialement transformée. À sa première modification s'ajoutent de nouvelles transformations qui la dotent, ainsi que ses descendantes, de nouveaux caractères les rendant de plus en plus malignes. Parmi les cellules cancéreuses, apparaissent de nouvelles cellules qui acquièrent la capacité de se détacher du clone primitif pour migrer et donner des métastases à distance, ou qui deviennent chimiorésistantes ou qui ont un nouvel avantage métabolique activant leur prolifération : c'est le phénomène de progression tumorale.

Cancérologie :
Créé au début des années 1920 mais surtout utilisé à partir de 1945, ce terme désigne la discipline médicale consacrée à l'étude des cancers. La cancérologie s'intéresse aux aspects biologiques et cliniques et couvre l'épidémiologie et la prévention, le diagnostic et le bilan, le traitement et la réadaptation. On tend à remplacer cette dénomination par " oncologie ".

Candida :
Appartient à la famille des champignons (ex : Candida albicans). Fréquemment rencontrés dans la bouche, ou les intestins, les organes génitaux et la peau, leur propagation entraîne une infection appelée candidose (mycose).

Candidose :
Infection (mycose) due à un champignon, le Candida, qui atteint principalement la peau et les muqueuses. Elle se développe chez les cancéreux qui sont vulnérables, surtout lorsqu'ils reçoivent certains traitements. Les Candida albicans existent chez l'homme normal à l'état de saprophytes non pathogènes, c'est-à-dire qu'ils sont présents en quantité modérée, sans provoquer de troubles. La diminution des défenses immunitaires, les chimiothérapies, la radiothérapie, les corticoïdes et les antibiotiques leur permettent de se manifester en provoquant une infection dite opportuniste.
Les candidoses peuvent donner des infections généralisées et graves (septicémies) chez les malades immunodéprimés par cancer ou sida. A partir d'un foyer cutané ou digestif, les Candida colonisent le sang et, par son intermédiaire, provoquent des infections à distance, au niveau de l'œil, du cœur, des méninges (méningite) et dans la plupart des viscères. Cette septicémie se manifeste par une grande altération de l'état général, des frissons, une fièvre élevée. Pour établir le diagnostic on recherche le Candida en prélevant les lésions : dans les candidoses superficielles les analyses directes au microscope et les cultures caractérisent ces champignons, mais pour les candidoses viscérales la culture du germe à partir du sang (hémoculture) ne donne pas toujours de résultat positif. Il en va de même pour la recherche d'anticorps spécifiques dans le sang ou pour les réactions cutanées d'hypersensibilité (cutiréaction) à la candidine (extrait purifié du champignon).
Le traitement est local (collutoire, lotion, pommade, crème) ou général selon le siège de l'infection. Dans les candidoses de la peau on utilise des antiseptiques simples ou des antifongiques (médicaments contre les champignons) locaux. Dans les candidoses des viscères on administre les antifongiques par voie générale (buccale, intramusculaire, intraveineuse). Chez les cancéreux, les candidoses disséminées résistent souvent aux traitements qui doivent être prolongés pour éviter les rechutes.

Canon à électrons :
Appareil de radiothérapie qui produit des électrons par effet thermo-électronique à partir d'un filament, le plus souvent en tungstène. Après avoir été groupés sous l'effet d'une différence de potentiel alternative, les électrons sont injectés dans une enceinte ou dans un tube ou règne un vide très poussé, puis sont accélérés.

Carboplatine :
C'est un des médicaments anticancéreux les plus récents, dérivé par synthèse, à la fin des années 1980, du cisplatine (encore souvent employé) : il en diffère par une meilleure solubilité qui diminue la toxicité rénale, mais une plus grande toxicité pour les cellules du sang.

Carcinoïde :
Les carcinoïdes sont des tumeurs rares caractérisées par une production d'hormone (sérotonine) à l'origine des principaux troubles. Elles se développent à partir de cellules particulières, dites " argentaffines " (en raison de leur affinité pour des colorants à l'argent), qui sont dispersées le long du tube digestif ou dans d'autres organes. Elles surviennent entre 50 et 70 ans et évoluent lentement, mais leur guérison est difficile. Le traitement consiste principalement à éviter les crises aiguës liées aux décharges de sérotonine.
Leurs manifestations dépendent de leur siège initial, sur l'appendice dans 40% des cas, l'intestin grêle (30%), le côlon (15%), les bronches (10%), l'œsophage, l'estomac ou les ovaires. Ce sont rarement des troubles mécaniques (occlusion) dus à la tumeur. Ce sont plus souvent des conséquences de la sérotonine : " flushs ", c'est-à-dire bouffées congestives déclenchées par une émotion ou l'alimentation, diarrhée profuse, troubles cardio-vasculaires ou modifications de la peau. Ces symptômes font doser la sérotonine dans le sang et son dérivé l'acide 5-hydroxy-indol-acétique (5HIAA) dans les urines, puis rechercher la tumeur dans ses sièges habituels. L'examen clinique est d'ordinaire normal et c'est l'imagerie, par échographie, radiographie après opacification de l'intestin ou scanographie, qui montre les lésions.
La chirurgie est le seul traitement capable de guérir la tumeur en l'enlevant. Elle peut aussi enlever des métastases dans le foie. Certains médicaments combattent les effets de la sérotonine et limitent les troubles qu'elle occasionne. La chimiothérapie anticancéreuse est parfois efficace.

Carcinologie :
Désigne l'étude des cancers. Ce terme, étymologiquement correct est remplacé de nos jours par "cancérologie" ou  "oncologie".

Carcinome :
D'origine grecque (crabe) et anciennement utilisé en allemand et en anglais, ce terme a désormais un usage international qui a remplacé en français le mot épithélioma pour désigner un cancer développé à partir d'un épithélium ou tissu de revêtement. Les carcinomes représentent environ neuf cancers sur dix, les autres étant des sarcomes ou des tumeurs embryonnaires, en particulier chez l'enfant. On en distingue deux sortes : les carcinomes pavimenteux, ou épidermoïdes, sont développés à partir d'un épithélium pavimenteux, constitué de cellules aplaties sur la peau, les voies aéro-digestives supérieures, le col utérin; les carcinomes cylindriques, ou adénocarcinomes, se développent à partir d'un épithélium glandulaire, constitué de cellules cubiques dans le tube digestif, le sein, la prostate, l'endomètre.

Le carcinome in situ correspond à une petite masse de cellules qui ont toutes les apparences de cellules malignes mais qui ne franchissent pas la membrane basale sur laquelle elles reposent et qui les sépare du reste des tissus. Il n'y a donc pas invasion et on ne peut parler de cancer proprement dit. Cependant un carcinome in situ présente un risque élevé de devenir invasif, ses cellules rompant et traversant la membrane basale.

Carcinome hépatocellulaire :
Cancer du foie.

Carcinosarcome :
Tumeur très rare, associant les deux principales formes de cancer, un carcinome développé à partir d'un épithélium et un sarcome développé à partir d'un tissu conjonctif.

Carcinose :
Ce terme désigne une généralisation cancéreuse caractérisée par la grande diffusion et la petite taille de nombreux foyers tumoraux.

Carie :
Voir dents

Caroténoïdes :
Groupe de substances voisines de la vitamine A et peu différentes des rétinoïdes.

Cartilage :
Tissu associé aux os et aux articulations, qui est le siège de rares tumeurs.

Caryotype :
Voir Chromosomes.

Castration :
La castration désigne l'ablation chirurgicale des glandes sexuelles ou gonades, les ovaires chez la femme, les testicules chez l'homme.
On étend le sens de ce mot à toute intervention, physique ou médicamenteuse, qui aboutit à la suppression de l'activité spécifique de ces organes, c'est-à-dire de la capacité de procréation et de production des hormones sexuelles. Elle entraîne des modifications profondes de la sexualité (diminution du désir et de la puissance sexuels) et dans d'autres fonctions, comme le métabolisme osseux, déficits comparables à ceux observés après la ménopause et l'andropause.
En cancérologie, la castration a été introduite pour la première fois en 1896 : Beatson, un chirurgien écossais, montre que l'ablation des ovaires est un traitement efficace du cancer du sein, à une époque où les hormones sont mal connues. Environ 50 ans plus tard la castration est appliquée chez l'homme pour le traitement du cancer de la prostate. La suppression de l'activité des glandes sexuelles fait maintenant partie du traitement des tumeurs dont la progression est stimulée par les hormones qu'elles produisent (sein et prostate).
Elle peut être obtenue par d'autres moyens que la chirurgie. L'effet de la radiothérapie sur les ovaires est connu et utilisé depuis le début du XXème siècle. Elle provoque un arrêt progressif des ovulations et de la production d'hormones. On dispose maintenant d'hormones de synthèse qui suppriment la stimulation des ovaires par l'hypophyse et produisent le même effet. Appliquées à l'homme, elles arrêtent la fonction testiculaire. Cet effet est réversible à l'arrêt du traitement.
En cas de cancer de l'ovaire lui-même, l'ablation des deux ovaires doit être pratiquée, sauf exception, tandis que l'ablation des deux gonades n'est pas obligatoire pour le traitement d'un cancer du testicule.
Enfin les gonades, ovaires ou testicules, peuvent être affectés par une radiothérapie de voisinage, plus fréquemment par des chimiothérapies administrées pour traiter une tumeur. Suivant le type de chimiothérapie, sa durée d'administration et l'âge du sujet, la production des gamètes (ovules, spermatozoïdes) et les sécrétions hormonales peuvent être altérées et réduites à des degrés divers, d'où un effet de castration plus ou moins complet.

Cathéter :
Petit tuyau souple destiné à être implanté dans une veine, une artère ou une cavité pour effectuer un prélèvement, administrer des médicaments ou permettre un écoulement.
Dans le traitement des cancéreux. Il est le plus souvent introduit dans une veine, pour injecter un produit opaque aux rayons X avant une radiographie, des solutions nutritives ou des médicaments qui, comme la plupart des médicaments anticancéreux (cytotoxiques), ne sont tolérés que par voie veineuse. Il permet une nutrition parentérale quand le patient ne peut s'alimenter par la bouche. L'utilisation d'un cathéter sert surtout à des injections prolongées ou répétées et améliore le confort du patient en évitant de le piquer à plusieurs reprises, surtout si l'accès à une veine est difficile, et en lui permettant de se mobiliser avec moins de précautions.
Tandis que l'extrémité interne du cathéter est située dans une grosse veine profonde, son entrée peut dépasser de la peau ou être une capsule ou un réservoir situé sous la peau ce qui facilite les soins d'hygiène. Un cathéter peut être aussi placé dans une cavité naturelle (vessie) ou anormale (abcès) pour y injecter un désinfectant ou un cytotoxique, ou bien pour en retirer du liquide en excès, en cas d'ascite ou de pleurésie par exemple.
Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles qui sont bien supportés par l'organisme. En plus de leurs qualités mécaniques ils doivent résister aux médicaments, parfois caustiques, qui y sont injectés, et au temps. Ils ne doivent pas entraîner de coagulation ni favoriser des infections.

Cathétérisme :
Introduction d'une sonde dans un canal ou un conduit naturel de l'organisme ( vaisseaux , coeur , tube digestif , voies urinaires ...)

Cellule :
La cellule est la plus petite unité constitutive d'un organisme vivant évolué, animal ou végétal (il y a des êtres primitifs composés d'une seule cellule). C'est elle qui est atteinte à l'origine d'un cancer et donne une descendance ou clone qui constitue la tumeur maligne.
Le noyau contient l'information génétique de l'ADN. Le reste de la cellule ou cytoplasme contient principalement les mitochondries qui donnent l'énergie nécessaire à la machinerie cellulaire et le réticulum endoplasmique où sont fabriqués les produits de la cellule.

La cellule peut être perturbée dans l'un de ses nombreux constituants. On lui distingue en effet un noyau, un cytoplasme et une membrane qui la limite en périphérie. Le noyau contient les chromosomes renfermant l'ADN, véritable mémoire de la cellule, représentée par l'ensemble des gènes (environ 100 000) . Ce génome lui permet de se reproduire à l'identique et de fonctionner. L'ADN commande la fabrication des protéines et de toutes les substances nécessaires à la vie de la cellule, par l'intermédiaire des ARN. Il peut être atteint par un facteur externe toxique ou subir une altération accidentelle et ainsi connaître une modification ou mutation qui a pour conséquence la prolifération tumorale, surtout si cette mutation touche un oncogène ou un anti-oncogène qui règlent la reproduction de la cellule et sa croissance. La principale conséquence est qu'une cellule cancéreuse est " immortelle ", c'est-à-dire qu'elle peut se reproduire indéfiniment en culture, contrairement aux cellules normales qui dépérissent plus ou moins vite, comme l'avait observé Alexis Carrel. L'ADN est aussi la cible des médicaments anticancéreux ou des rayonnements ionisants qui y provoquent des lésions retardant la division de la cellule ou entraînant sa mort.

Les liens entre cellules normales persistent entre cellules cancéreuses, ce qui gêne les cultures cellulaires. Ils doivent se dissoudre pour qu'une cellule se libère de la tumeur primitive, pour migrer à distance et fonder des foyers tumoraux secondaires ou métastases. Ce sont eux qui donnent à la plupart des tumeurs leur consistance ferme ou dure qui fait parler de tumeur solide. Ils sont absents au contraire dans les cellules du sang qui circulent indépendamment les unes des autres et sont à l'origine de cancers où cette liberté individuelle est conservée pour donner des tumeurs dites " liquides " (leucémies, certains lymphomes, myélome, etc.)
Tandis que la cellule originelle ou œuf est " totipotente ", capable de donner toutes les cellules d'un organisme adulte, il se produit, au cours du développement embryonnaire, une différenciation : les nouvelles cellules expriment un caractère particulier en perdant d'autres propriétés, exprimées dans d'autres cellules. Pour une famille cellulaire donnée, il existe des cellules souches qui restent au repos ou se divisent pour produire des cellules actives selon les besoins. Quand une cellule devient cancéreuse, elle garde en général cette différenciation qui permet de la reconnaître et de rattacher le cancer à son origine. Au cours de l'évolution d'un cancer, les cellules deviennent de plus en plus malignes (c'est la progression tumorale) et en même temps de moins en moins différenciées (dé-différenciation) : il devient impossible de reconnaître leur nature de base et on parle d'anaplasie.
Les cellules cancéreuses présentent des anomalies de constitution ou de forme qui permettent le diagnostic. Ces anomalies peuvent être reconnues sur des cellules isolées, par un examen de cytologie. Elles sont plus souvent et mieux identifiées sur un ensemble de cellules réunies en tissu dont l'architecture est également anormale, par un examen d'histologie ou d'anatomopathologie. A l'examen au microscope, les composants des cellules sont reconnus à leur forme et mieux vus après une coloration : par exemple le noyau est augmenté de volume par rapport à l'ensemble de la cellule et montre des signes d'activité, les divisions cellulaires ou mitoses sont plus nombreuses. Certaines cellules perdent des constituants spécialisés d'origine, d'autres sont mis en évidence, de façon plus précise, par des anticorps monoclonaux qui se lient de façon spécifique à eux et les révèlent par une coloration ou une fluorescence complémentaire.
À côté des cellules normales et cancéreuses, des cellules dites cytotoxiques, venant du malade lui-même ou d'un donneur de greffe de moelle osseuse, sont stimulées et multipliées hors de l'organisme avant d'être réinjectées pour aller détruire les cellules cancéreuses (immunothérapie).
L'importance des cellules et de leurs divers composants justifie, à côté du développement de la biologie moléculaire, une biologie cellulaire consacrée à l'étude de ces constituants fondamentaux d'un organisme, qui jouent un rôle déterminant à l'origine des cancers et dans leur évolution.

Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC) :
C'est, en France, une structure originale, établie par l'Ordonnance du 1er octobre 1945, ayant pour but de coordonner la lutte anticancéreuse à l'échelon régional, d'assurer les soins aux malades, de développer une recherche pluri-disciplinaire et d'améliorer l'enseignement, la formation des professionnels de la santé et l'information du public.
Leur premier objectif est de réunir, dans une unité de lieu, les nombreuses compétences requises pour prendre en charge les patients en regroupant les spécialités : pour le diagnostic (imagerie, médecine nucléaire, anatomopathologie, biologie), pour le traitement (chirurgie, radiothérapie, oncologie médicale, etc.) et selon les localisations cancéreuses (gastro-entérologie, gynécologie, otorhinolaryngo-logie, pneumologie, urologie, hématologie, pédiatrie, etc.). A ces compétences s'ajoutent celles de disciplines complémentaires : épidémiologie, psychologie, sciences de l'information réadaptation, recherche fondamentale, etc.
Les centres réunissent des services d'hospitalisation classique, complétés par des hôpitaux de jour pour des explorations ou des traitements ambulatoires, des services de consultation correspondants, des services d'exploration (radiologie, endoscopie, médecine nucléaire), des services de traitement (blocs opératoires, radiothérapie) et des laboratoires. Selon les centres, spécificités ou complémentarités existent en liaison avec le centre hospitalier régional ou universitaire (CHU) auquel les relient des conventions de coopération. Ainsi peuvent être réunies, autour de chaque malade qui se trouve au cœur du système, toutes les compétences nécessaires. Les centres sont placés sous l'autorité d'un directeur médecin qui exerce la responsabilité administrative, secondé par un secrétaire général. Les centres sont ainsi des structures originales, dont le Conseil d'Administration est présidé par le préfet et qui participent au service public.
Les deux centres nationaux (Institut Curie à Paris et Institut Gustave-Roussy à Villejuif) et les dix-huit centres régionaux sont réunis depuis 1964 en une Fédération nationale qui a pour objectif de valoriser les ressources ainsi assemblées en favorisant la coopération entre les centres, en développant recherche et formation et en harmonisant l'organisation administrative.
Dans leur ensemble les centres français réunissent près de mille médecins et plus de 10 000 membres de personnel non médical. Ils travaillent en coopération avec de nombreux laboratoires de recherche. Ils mettent en commun les principales données médicales concernant les malades traités dans l'Enquête Permanente Cancer. Certaines données de ce site émanent de ces centres, et de nombreux liens vous dirigent vers eux ou leur fédération.

Céphalée :
Appelée aussi céphalalgie. Désigne toute douleur localisée à la tête. L'usage réserve cette dénomination aux sensations douloureuses de la voûte crânienne et non de la face ou de la région cervicale. Symptôme fréquent chez un malade atteint de cancer. Elle peut simplement accompagner la fatigue du malade, suivre un manque de sommeil ou la prise de certains médicaments. Elle traduit de façon plus précise une hypertension intracrânienne due au développement dans le crâne inextensible d'une tumeur primitive ou d'une métastase cérébrale. Elle peut être discrète ou intense, fugace ou permanente, diurne ou nocturne, localisée dans une partie de la tête ou diffuse. Elle peut être facilement soulagée par un traitement simple (aspirine, ibuprofène, paracétamol) ou résister au traitement, s'aggraver et s'accompagner de vomissements qui la soulagent temporairement. Toutes les fois qu'elle présente une certaine sévérité, il faut en préciser l'origine par un examen clinique qui peut déceler des manifestations nerveuses, par une scanographie de l'encéphale, qui montre le mieux une ou des tumeurs responsables, ou par une ponction lombaire retirant du liquide céphalorachidien dans lequel des cellules cancéreuses signent une méningite. Le meilleur traitement des céphalées est celui de leur cause. L'hypertension intracrânienne due à une tumeur est souvent aggravée par un oedème qui l'entoure et peut être résorbé par un traitement anti-oedémateux (corticoïdes, diurétiques, etc.), ce qui soulage le plus rapidement et le mieux les céphalées.

Cérébrale  (Tumeur)
On regroupe sous le terme de " tumeurs du cerveau " des cancers, mais aussi des tumeurs bénignes ou de malignité intermédiaire, très différents. Il y a d'abord des tumeurs primitives : les lésions cancéreuses des tissus nerveux de l'encéphale, ou " gliomes ", représentent 40% de l'ensemble ; d'autres lésions intra-crâniennes prennent naissance dans les nerfs crâniens (neurinomes, 10%), l'hypophyse ou glande pituitaire (adénomes, 8%) ou les méninges (méningiomes, 20%). Ce sont des tumeurs rares : 8 à 10 nouveaux cas apparaissant chaque année parmi 100 000 personnes (incidence). Leur cause et le mécanisme de leur croissance restent inconnus, aucun facteur de risque particulier n'ayant été reconnu. Les métastases intracrâniennes sont des tumeurs secondaires à des cancers apparus ailleurs dans l'organisme (16 à 20%).
Les tumeurs cérébrales primitives se développent, s'expriment et évoluent diversement selon leur nature et leur siège. Elles s'étendent uniquement sur place et ne donnent jamais de métastases en dehors du système nerveux central. Elles agissent par leur masse et le développement progressif de leur volume dans la boîte crânienne rigide et inextensible : en augmentant elles compriment et déplacent les structures nobles du cerveau. Celui-ci tolère des masses à croissance très lente et certains méningiomes atteignent le volume d'un pamplemousse avant d'être découverts. Mais si leur croissance est rapide ou leur volume important, elles provoquent une hypertension intracrânienne, quelquefois immédiatement dangereuse : une métastase de cancer des bronches qui s'aggrave en quelques semaines se manifeste dès qu'elle a le volume d'une prune.
Les signes cliniques qui expriment l'irritation ou la compression du tissu cérébral et des nerfs crâniens sont quelquefois facilement repérés et interprétés : c'est le cas d'une crise d'épilepsie ou d'un trouble progressif de la parole. D'autres signes de souffrance cérébrale sont plus difficiles à reconnaître : un changement graduel de caractère, une anomalie du comportement ou encore une surdité unilatérale peuvent être longtemps mal interprétés. Il existe par ailleurs de vastes zones du cerveau dont les fonctions sont si subtiles, ou si aisément assurées par d'autres régions, qu'une tumeur à leur niveau peut atteindre un grand volume avant de se manifester.
Les moyens modernes d'imagerie ont beaucoup amélioré le diagnostic. A lui seul, le scanner, prescrit et interprété en fonction des données cliniques, reconnaît la présence d'une tumeur dans 95% des cas. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) apporte des précisions topographiques supplémentaires importantes dans de nombreux cas. Cependant, ces examens ne précisent pas la nature de la lésion et il est utile, parfois crucial, de faire un prélèvement car le choix du traitement en dépend. Les techniques stéréotaxiques permettent cette biopsie sans risque excessif, pratiquement dans n'importe quelle zone de l'encéphale.
Le traitement des tumeurs cérébrales commence le plus souvent par un acte chirurgical. La chirurgie suffit à guérir certaines tumeurs bénignes. Pour d'autres tumeurs bénignes plus évoluées, moins bien limitées ou plus mal placées, et pour la plupart des tumeurs malignes, la chirurgie réduit le volume tumoral, supprime les phénomènes de compression et donc améliore les troubles cliniques. En éliminant les zones de la tumeur qui sont biologiquement peu actives (quiescentes) ou nécrosées et peu sensibles à la radiothérapie ou à la chimiothérapie, elle améliore l'efficacité de ces autres thérapeutiques. La radiothérapie est un traitement complémentaire important pour les lésions malignes et pour les lésions bénignes incomplètement enlevées et c'est le seul traitement palliatif possible pour des lésions malignes inextirpables à cause de leur siège, de leur étendue ou de l'état du malade. Cependant la tolérance du tissu cérébral aux rayonnements ionisants est médiocre et certaines radiothérapies entraînent de sérieuses complications. Mises à part des lésions particulières, la chimiothérapie a une efficacité limitée. Ces traitements relativement lourds n'ont fait aucun progrès significatif depuis vingt ans.

Cerveau :
Ce terme anatomique désigne habituellement l'encéphale qui regroupe toutes les parties du système nerveux central contenues dans la boîte crânienne : le cerveau proprement dit, le cervelet, enfin le tronc cérébral, principalement formé du bulbe rachidien, qui se prolonge par la moelle épinière. Enveloppé dans les méninges, il est composé de matière grise au centre et de substance blanche en périphérie. Il contient des cellules nerveuses au sens strict, ou neurones, qui ne se divisent plus après la naissance et ne donnent pas de tumeur, et des cellules interstitielles, qui assurent la nutrition et le soutien des précédentes et sont à l'origine des principales tumeurs cérébrales, les gliomes (astrocytomes et glioblastomes). En dehors des tumeurs primitives, le cerveau est le siège de tumeurs secondaires ou métastases. Chez un malade atteint de cancer, il peut être aussi le siège d'une infection sous la forme d'encéphalite, d'abcès ou de méningite. Il peut être enfin lésé par des traitements anticancéreux et présenter des complications après certaines chimiothérapies ou une radiothérapie intéressant le crâne.

Césium 137 :
C'est une source radioactive artificielle, isotope du césium 133 naturel, utilisée en curiethérapie gynécologique. Il émet des photons dont l'énergie moyenne est de 0,66 MeV. Sa période (temps nécessaire à la diminution de moitié de son activité) est de 30 ans. Il est contenu dans des tubes de 3 cm de long ou dans des billes en acier inoxydable. Celles-ci sont assemblées sur des " trains " de billes dont on fait varier la longueur selon qu'on les place dans le vagin ou dans la cavité du corps de l'utérus. Le césium 137 est utilisé selon la technique de chargement différé, le plus souvent à l'aide d'un projecteur de source télécommandé. Il a la même efficacité que l'iridium (ou que le radium) mais nécessite des protections plombées plus importantes. Il sert principalement au traitement des cancers de l'utérus (col ou corps), exceptionnellement pour des lésions d'autre nature, à l'aide de tubes, voire d'aiguilles.

Chaînes lourdes (Maladies des) :
Les chaînes lourdes correspondent aux fragments les plus importants des molécules d'anticorps fabriqués par certains lymphocytes, les plasmocytes. Une maladie des chaînes lourdes correspond à un cancer de ces cellules qui continuent à fabriquer une partie seulement des anticorps normaux (les anticorps sont normalement composés de deux chaînes lourdes unies entre elles et à deux chaînes légères) : leurs chaînes lourdes sont retrouvées dans le sang comme des marqueurs. Elles sont de trois types principaux, a , g ou m et, selon la chaîne fabriquée, on distingue trois sortes de maladies des chaînes lourdes.
La maladie des chaînes a est la moins rare. Voisine du lymphome méditerranéen, elle se rencontre sur le pourtour de la Mer Méditerranée. Elle se traduit par une tumeur de l'intestin grêle sur laquelle s'observent différents stades d'évolution. Favorisée par une hygiène défectueuse, une infection intestinale chronique est presque toujours à l'origine d'une tumeur bénigne qui finit par devenir maligne (dégénérer) si l'infection persiste. Elle se traduit par une diarrhée chronique, des douleurs de l'abdomen et un amaigrissement. L'imagerie et l'endoscopie digestives montrent la tumeur intestinale et permettent un prélèvement (biopsie) et le diagnostic anatomopathologique ; ce dernier est complété par l'analyse des protéines du sang qui montre l'anomalie des globulines (dysglobulinémie) et identifie les chaînes lourdes. Spontanément la maladie évolue lentement vers la mort. Cette évolution est enrayée par un traitement antibiotique au début, puis par l'ablation chirurgicale d'une tumeur ou par une chimiothérapie qui peuvent guérir des malades.
Les maladies des chaînes lourdes g et m sont très rares. Elles présentent le même genre d'altération protéique dans le sang. La prolifération des cellules lymphoïdes responsables de cette anomalie peut se traduire par une augmentation des ganglions, de la rate et du foie. Elle envahit la moelle osseuse où une biopsie permet de l'identifier. Une chimiothérapie peut retarder une évolution spontanément lente mais défavorable.

Champignons :
Les cancéreux sont vulnérables à certains champignons microscopiques qui peuvent entraîner des infections graves : les mycoses. Ce sont des germes opportunistes, présents normalement en petite quantité sans provoquer de troubles, qui profitent d'une diminution des défenses immunitaires, en particulier chez les patients cancéreux ou atteints de sida, pour provoquer une infection. Ces champignons sont principalement Candida à l'origine de candidose, Aspergillus, Cryptococcus et Histoplasma. Tous les cancers ne favorisent pas de la même façon ces infections. Les candidoses de la peau et des muqueuses s'observent dans tous les types de cancers, mais les autres mycoses surviennent surtout chez les patients atteints de leucémies ou de cancers lymphoïdes. En outre, ces infections sont favorisées par les traitements : radiothérapie, chimiothérapie, corticoïdes et antibiotiques.
Les Aspergillus sont des champignons filamenteux qui pénètrent l'organisme après inhalation de spores parasitant des débris organiques. Le champignon aime se développer dans une cavité préexistante, en particulier dans les poumons où il forme un " aspergillome ", muet ou révélé par des crachats sanglants, mais caractéristique à la radiographie. L'aspergillose se manifeste comme une infection pulmonaire fébrile et grave qui se généralise par voie sanguine dans tous les viscères et entraîne souvent la mort. Elle peut aussi donner des réactions simulant l'asthme, des pleurésies purulentes ou des infections du conduit externe de l'oreille. Le germe est caractérisé par isolement et culture du produit pathologique ou présence d'anticorps spécifiques dans le sang.
Les Cryptococcus sont des levures encapsulées. L'infestation se fait aussi par inhalation et passage pulmonaire, souvent inaperçu. Elles entraînent des atteintes très graves de l'encéphale et des méninges, de la peau et des os. Des septicémies peuvent toucher tous les viscères. Le diagnostic se fait par isolement et culture du champignon à partir du produit pathologique.
Le traitement des aspergilloses et cryptococcoses fait appel à plusieurs produits actifs : l'amphotéricine B , la 5-fluorocyto-sine, le kétoconazole, le fluconazole, seuls ou associés. Les aspergillomes nécessitent quelquefois une résection chirurgicale. Ces mycoses restent graves chez les patients cancéreux et leur pronostic est réservé.
Plus rare en Europe, l'histoplasmose entraîne des lésions disséminées viscérales chez l'immunodéprimé avec également atteinte des muqueuses et de la peau.

Chargement différé :
Voir Curiethérapie.

Charge virale :
La charge virale plasmatique correspond au nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang. Elle s'évalue aujourd'hui à l'aide de deux techniques (PCR et bDNA) et s'exprime en nombre de copies ou en log.

Cheveux :
Voir Alopécie.

Chimioprévention :
Prévention d'un cancer par une substance chimique ou un médicament, elle peut être envisagée à deux niveaux. Le premier est celui des lésions précancéreuses qui précèdent la plupart des cancers. Leur traitement et leur guérison par un médicament, comme par tout autre moyen, évite leur transformation maligne et l'apparition de cellules cancéreuses. Des kératoses de la peau du visage ou des mains exposée au soleil bénéficient d'applications locales de fluoro-uracile qui les guérit et les empêche d'évoluer vers un cancer. Les rétinoïdes sont également utiles pour traiter des lésions précancéreuses des muqueuses et rétablir une muqueuse normale au lieu de la laisser s'aggraver et dégénérer, mais leur efficacité est temporaire si l'agent responsable de ces anomalies, comme le tabac, persiste.
Le second niveau est celui de cancers au stade microscopique, après la dégénérescence d'une première cellule maligne mais avant l'apparition d'une tumeur perceptible. Le traitement de cancers microscopiques, c'est-à-dire inconnus et seulement supposés, par une chimiothérapie anticancéreuse à petites doses, a été proposé mais il est irréaliste. Les risques pour un individu en bonne santé d'avoir un " microcancer " sont faibles, donc les raisons de le traiter sont faibles aussi. L'efficacité d'une telle chimioprévention est indéterminée et n'est probablement pas grande. En revanche les médicaments utilisés sont toxiques et quelques-uns, administrés pendant de longues périodes et même à faibles doses, favorisent l'apparition de cancers.
Le cancer du sein, fréquent et soumis à des influences hormonales connues, présente une situation particulière. Une hormono-prévention, depuis longtemps envisagée, commence à faire l'objet d'essais pour deux raisons : les hormones actuelles sont bien supportées et se prêtent à des administrations prolongées sans inconvénient important pour les patientes; par ailleurs le traitement hormonal fait pour un premier cancer du sein semble diminuer l'apparition d'un second cancer dans l'autre sein ( Cancer bilatéral). Dans ces conditions des femmes saines volontaires ont été enrôlées dans des études de grande envergure, en vue de recevoir un traitement hormonal ou de n'avoir aucun traitement pour être simplement surveillées (groupe de contrôle). Les observations faites après plusieurs années indiqueront les avantages et les inconvénients d'une telle hormonoprévention avant de déterminer l'attitude courante à adopter.

Chimiorésistance :
La résistance d'un cancer aux médicaments anti-cancéreux est un problème majeur de la chimiothérapie. Un traitement est plus souvent arrêté à cause de son inefficacité, initiale (résistance primaire ou intrinsèque) ou progressive (résistance secondaire ou acquise), qu'à cause de sa toxicité. Cette résistance n'est parfois liée qu'à une mauvaise adéquation entre trois paramètres : la pharmacocinétique du médicament, son mécanisme d'action et les caractères de la cinétique cellulaire de la tumeur. Un médicament qui a une demi-vie brève dans l'organisme et n'agit que pendant une phase courte du cycle cellulaire, est peu actif si on l'administre en injection rapide, " en flash ", et agit mieux après perfusion continue sur 24 heures. Un autre exemple de cette résistance " circonstancielle " est l'insensibilité des tumeurs cérébrales à des médicaments anticancéreux qui ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique séparant le courant sanguin des tissus nerveux.

Une cellule peut limiter les effets toxiques d'un médicament par plusieurs mécanismes :

  • en entravant sa pénétration à travers la membrane cellulaire ;
  • en ne transformant pas le médicament en une forme plus active ;
  • en l'inactivant ;
  • en modifiant les cibles moléculaires normalement sensibles au médicament pour qu'elles deviennent réfractaires à son influence ;
  • en augmentant l'élimination du médicament vers l'extérieur.

La chimiorésistance est due à des mécanismes que développent les cellules tumorales, d'emblée ou lors de la progression qui les rend plus malignes, pour se protéger des médicaments.
La résistance est donc un ensemble complexe de phénomènes, caractéristiques d'un médicament donné ou communs à plusieurs d'entre eux. Certains de ses mécanismes peuvent être contournés, y compris par de nouveaux composés.

Chimiosensibilité :
C'est la propriété d'une tumeur qui conditionne sa réponse clinique à une chimiothérapie. Certains cancers sont très chimiosensibles : la chimiothérapie entraîne souvent une rémission totale ou partielle. On parle de cancers chimiocurables quand la guérison peut être obtenue par le seul traitement médical : c'est le cas de tumeurs embryonnaires et des cancers du sang (hémopathies malignes). Certains cancers en revanche ne répondent qu'exceptionnellement à la chimiothérapie, quels que soient les médicaments utilisés : on parle de chimiorésistance.
Depuis les années 1970, on tente de mettre au point des tests prédictifs, pour prévoir la sensibilité ou la résistance d'une tumeur aux médicaments anticancéreux. Il faut enfin attendre des jours ou des semaines pour avoir le résultat. La prédiction d'une résistance est bonne dans 90% des cas, mais la prédiction de la sensibilité n'est obtenue que dans 70% des cas et cette information confirme généralement ce que le type tumoral permettait de prévoir. Ces épreuves in vitro ont été abandonnées car, sur 100 malades, le laboratoire n'apporterait de renseignement utile que pour deux d'entre eux. D'autres tests, plus rapides, évaluent la survie de cellules fraîches en présence du médicament, mais leur intérêt est limité car ils ne sont applicables que dans les hémopathies malignes qui sont en règle générale chimiosensibles.
Chez les malades, la chimiosensibilité s'évalue par l'efficacité du traitement. L'obtention d'une réponse tumorale, et la rapidité de cette obtention, sont des facteurs favorables pour l'évolution ultérieure du cancer.

Chimiothérapie :
Traitement qui consiste à utiliser un médicament dans le but de guérir une maladie (Polychimiothérapie : association de plusieurs médicaments).
La chimiothérapie anti-cancéreuse correspond au traitement par des produits chimiques, des médicaments extraits de végétaux ou produits en laboratoire par synthèse. Ils se distinguent d'autres substances également utilisées contre les cancers, qui sont proches de produits physiologiques, comme les hormones (hormonothérapie) ou comme les cytokines (immunothérapie). Ces composés sont toxiques pour les cellules cancéreuses (cytotoxiques), ils bloquent leur reproduction et leur division ou mitose (antimitotiques) et ils entraînent leur mort.

Tous ces médicaments agissent sur les cellules cancéreuses, ce qui est souhaité, mais aussi sur les cellules normales, ce qui entraîne leur toxicité. Leur index thérapeutique, c'est-à-dire l'écart entre leur action efficace et leur action toxique n'est pas très important et il est difficile de les utiliser à des doses très efficaces sans entraîner, en corollaire, une toxicité excessive. Pour augmenter cet index on utilise des associations qui concentrent sur la tumeur l'efficacité de plusieurs médicaments, en dispersant leurs toxicités différentes sur divers organes.
Les conditions de leur administration cherchent aussi à augmenter l'efficacité sans trop accroître la toxicité. Quelques agents anticancéreux se prennent par la bouche. Quelques-uns peuvent s'injecter par voie artérielle ou intramusculaire. La plupart ne s'administrent que par voie veineuse, éventuellement par cathéter. L'injection peut être courte, en " flash ", pendant quelques minutes, s'étendre sur une ou deux heures ou être continue, sur un ou plusieurs jours à l'aide de pompes régularisant son débit. Les administrations sont répétées par cycles séparés par un intervalle de trois ou quatre semaines pendant lesquelles les cellules normales et le malade récupèrent (réparent), en principe plus vite et mieux que les cellules cancéreuses.

La place de la chimiothérapie dans le traitement d'un cancer dépend de son type et de son étendue. Quelques tumeurs ont une grande chimiosensibilité et sont chimiocurables : elles peuvent être guéries par ce seul moyen. C'est le cas des cancers du sang ou hémopathies malignes, en particulier des leucémies aiguës qui sont toujours généralisées et pour lesquelles la chimiothérapie assure un traitement général. Elle comporte alors différentes étapes : une phase d'induction forte est destinée à entraîner une rémission complète; puis elle est modifiée pour une phase de consolidation, avant un traitement d'entretien plus ou moins long. Pour d'autres cancers, la place de la chimiothérapie dépend de leur généralisation évidente ou probable. Elle s'associe alors à un traitement local par chirurgie ou radiothérapie. Elle peut être appliquée en premier, quand la généralisation est certaine et la chimiosensibilité suffisante, avant le traitement local qui sera plus facile ou plus efficace sur une tumeur préalablement réduite. Elle vient après le traitement local quand celui-ci a apporté des renseignements en faveur d'une généralisation : on parle alors de chimiothérapie adjuvante.
Une chimiothérapie n'est commencée qu'après le bilan préthérapeutique dont les résultats doivent confirmer qu'elle est justifiée et que le patient peut la supporter. Son application répétée nécessite une surveillance régulière pour vérifier qu'elle est bien réalisée (observance), qu'elle est efficace (faute de quoi il faudrait l'interrompre) et suffisamment bien supportée (sinon elle doit être réduite ou arrêtée). Les progrès de ces traitements permettent souvent de les faire chez un malade ambulatoire ou à domicile.

Chirurgie :
La chirurgie est le plus ancien des traitements des cancers. Son but a d'abord été et il reste d'enlever les parties du corps envahies par la tumeur primitive ou par ses métastases : c'est la chirurgie spécifique des cancers. Plus récemment s'est développée une chirurgie non spécifique dont l'objet est simplement d'explorer la tumeur, d'améliorer le confort du malade, ou de corriger les suites d'un traitement antérieur, y compris chirurgical.

Cholangiome :
Tumeur bénigne du foie développée à partir des petits canaux qui véhiculent la bile.

Cholécystite :
Inflammation de la vésicule biliaire . ( 2 formes : cholécystite aiguë ou cholécystite chronique )

Cholestérol :
Très connue comme facteur de risque de maladie cardiovasculaire et liée au métabolisme des graisses ou lipides, cette substance organique est aussi un précurseur des hormones stéroïdes qui ont une influence spontanée à l'origine de certains cancers ou un rôle thérapeutique en hormonothérapie. Des enquêtes épidémiologiques ont montré une relation entre le taux de cholestérol dans le sang et la survenue de cancer mais cette relation est faible et discutée.

Chondrome :
Tumeur bénigne des os qui se développe à partir du cartilage. La bénignité est parfois incertaine et il existe des formes intermédiaires avec les chondrosarcomes. Un chondrome peut être unique mais certains malades en présentent plusieurs : on parle de chondromatose.

Chondrosarcome :
Cette tumeur maligne des os se développe à partir du cartilage, le plus souvent au genou. Elle entre dans le cadre des sarcomes dont le pronostic et le traitement sont déterminés par le degré de malignité et l'étendue de la tumeur.

Chordome :
C'est une tumeur rare, de faible malignité, développée à partir de vestiges embryonnaires de la notochorde qui contribue à la formation de la colonne vertébrale. Elle apparaît surtout à son extrémité supérieure, à la base du crâne, ou inférieure, au niveau du sacrum ou du coccyx. Au microscope ses cellules n'apparaissent pas malignes mais son évolution, quoique généralement lente, est défavorable, parce que l'ablation chirurgicale ne peut être que rarement complète.

Chorée :
Affection neurologique se manifestant par des mouvements involontaires brusques , désordonnés et des troubles mentaux

Chorioadénome :
Variété de tumeur développée à partir du placenta, qui peut donner des extensions à distance (métastases). Son évolution est toutefois bénigne et se fait vers la guérison.

Choriocarcinome :
Cette tumeur maligne, développée habituellement à partir du placenta, succède à une grossesse, prématurément interrompue ou plus rarement menée à terme. Elle apparaît d'emblée ou complique une tumeur bénigne appelée môle hydatiforme. L'ensemble de ces tumeurs est regroupé sous le terme de maladie trophoblastique. Sa fréquence est d'une pour 10 000 à 70 000 grossesses, plus élevée en Asie. De cause inconnue, c'est une tumeur du produit de conception, dont la composition génétique vient donc pour moitié de la mère qui en est atteinte et pour moitié du père. Elle se présente comme une greffe à moitié incompatible et on discute le rôle des groupes sanguins différents du père et de la mère ainsi que d'autres facteurs immunitaires, sans conclusion claire ni conséquence pratique.
Il existe aussi des cancers du testicule et très rarement de l'ovaire composés pour tout ou partie de choriocarcinome.

Chronobiologie :
Étude des modifications biologiques qui se produisent avec le temps selon un rythme annuel (circannuel) ou quotidien (circadien). En cancérologie ce sont surtout les variations des reproductions cellulaires au cours des différents moments de la journée qui sont étudiées. Le déroulement du cycle cellulaire est influencé par l'heure, le jour et la nuit. On cherche à mettre à profit ces variations pour le traitement, en particulier la chimiothérapie, en vue d'une chronothérapie visant à administrer les médicaments à un moment où ils soient plus efficaces ou moins toxiques. La chronothérapie tient compte aussi de la succession, dans un ordre déterminé et pendant une durée fixée, de plusieurs médicaments associés dans une chimiothérapie. Les résultats de ces études sont encore limités et la chronothérapie reste du domaine de la recherche fondamentale et clinique.

Chronothérapie :
Voir Chronobiologie.

Cicatrice :
La cicatrice succédant à une plaie peut, des années plus tard, se cancériser. Propre à frapper l'attention, une telle circonstance a été reconnue depuis longtemps mais elle est exceptionnelle.
Les cicatrices rétractiles, à la suite d'une brûlure et au niveau d'une articulation, prédisposeraient à l'apparition d'un cancer par l'intermédiaire de la traction opérée sur la peau lors des mouvements, mais ces cicatrices sont aujourd'hui corrigées par la chirurgie plastique. Après l'ablation d'un grain de beauté (nævus), l'apparition d'un cancer sur la cicatrice signifie que le grain de beauté était déjà transformé en mélanome : cette possibilité impose une analyse microscopique de tout grain de beauté enlevé et une opération plus large si une telle transformation est reconnue. Enfin une récidive d'un cancer peut survenir sur une cicatrice après une opération qui n'a pas enlevé complètement la tumeur : dans des cas limites, une radiothérapie complémentaire évite une telle récidive locale.

Cigare :
Petit cylindre de feuilles de tabac enroulées les unes autour des autres. Le cigare apporte une fumée cancérogène qui entraîne surtout des cancers de la bouche et de la gorge. La fumée du cigare est habituellement aspirée par petites bouffées et stagne dans la bouche sans pénétrer dans la trachée et les bronches. Cela explique la localisation des cancers des fumeurs de cigares.

Cigarette :
Apparue en France au début du XIXème siècle, la cigarette est peu à peu devenue le principal mode de consommation du tabac et par là le premier responsable des cancers qu'il provoque. La cigarette est  devenue de loin le premier facteur cancérogène, responsable en France de plus de 60 000 décès (soit 15% des décès et près de 30% des décès masculins). À côté des maladies respiratoires et cardio-vasculaires, les cancers liés au tabac représentent environ 40 000 morts annuelles et expliquent la surmortalité masculine par cancers que l'augmentation du tabagisme féminin.
La plupart des cancers provoqués par le tabac touchent les muqueuses directement au contact de la fumée : bouche, gorge, bronches, etc. Cependant, de même que l'oxygène, des produits toxiques de la fumée passent dans le sang et vont imprégner tout le corps. Beaucoup vont s'éliminer par l'urine, ce qui explique l'augmentation des cancers de la vessie chez les fumeurs. Beaucoup d'autres tumeurs sont plus fréquentes ou plus graves chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.
Le risque cancérogène dépend de la quantité consommée, grossièrement comptée en " paquets-années " : un paquet de cigarettes fumé chaque jour pendant dix ans fait 10 paquets-années. Le risque de cancer augmente avec la quantité totale de tabac fumé mais aussi quand le tabagisme a commencé tôt et avec son intensité : deux paquets par jour pendant 20 ans sont plus dangereux qu'un paquet quotidien pendant 40 ans. Il dépend du type de tabac et de sa teneur en goudrons : dans les années 1950 il contenait en moyenne plus de 30mg de goudrons contre environ 17 mg au début des années 1990 en France, mais seulement 10 à 12 mg à la même période aux États-Unis ou en Angleterre. La nature du papier enveloppant les cigarettes a un rôle accessoire. La toxicité du tabac dépend enfin de la façon de fumer, selon que l'on aspire profondément la fumée qui parvient au niveau des petites bronches, selon qu'on l'avale ce qui favorise les cancers digestifs et selon qu'on fume la totalité de la cigarette ou une partie seulement. Les filtres atténuent un peu la toxicité de la fumée mais disposent souvent le fumeur à fumer plus. Les cigarettes roulées manuellement sont en général fumées moins profondément et donnent plutôt des cancers de la bouche et de la gorge. On sait aujourd'hui que les cigarettes dîtes "légères" sont aussi toxiques que les autres.

Cinétique cellulaire :
Voir Prolifération cellulaire.

Circoncision :
Pratique religieuse et culturelle, la circoncision a des justifications sanitaires et réduit certains risques de cancer. Elle a d'abord marqué l'appartenance à une communauté, dans l'Égypte ancienne puis principalement juive et musulmane. Elle a ensuite été prônée pour des raisons esthétiques, érotiques ou hygiéniques. Elle déborde aujourd'hui les groupes religieux traditionnels pour toucher plus d'un milliard de mâles dans le monde, souvent médicalisée en dehors d'un rite. La section du prépuce qui recouvre le gland à l'extrémité de la verge améliore l'hygiène de cette région, alors que le phimosis favorise au contraire les cancers de la verge. La circoncision diminue aussi le risque de cancer du col de l'utérus chez les partenaires sexuelles.

Cirrhose :
Sclérose fibreuse du foie qui devient dur et fibreux et qui favorise l'apparition de cancer dans cet organe. En France, son origine est le plus souvent une consommation excessive d'alcool, mais sa principale cause dans le monde est l'hépatite virale. Ce dernier groupe d'infections, favorisées par des conditions d'hygiène précaire, provoque une atteinte du foie qui guérit en quelques semaines ou persiste, devient chronique et induit l'apparition d'une cirrhose, notamment en cas d'alimentation mal équilibrée. L'hépatite chronique et la cirrhose prédisposent au cancer du foie (on dit qu'elles font " le lit du cancer "). En France le cancer survient habituellement à un stade avancé de la cirrhose et modifie peu une évolution défavorable et fatale. En régions intertropicales le cancer du foie ou hépatocarcinome est une tumeur fréquente et grave qui touche des sujets jeunes et contribue à une bonne part de la mortalité par cancer. La prévention des hépatites par de meilleures conditions d'hygiène et la vaccination, leur traitement pour éviter leur évolution chronique devraient réduire la fréquence des cirrhoses et secondairement celle des cancers qui en sont une des plus graves complications.

Cisplatine :
Chef de file d'une des plus récentes familles de médicaments anticancéreux, la seule fondée sur un métal lourd, il a entraîné de nets progrès de la chimiothérapie. C'est en 1965 qu'est observée l'inhibition de la croissance de bactéries Escherichia coli dans un milieu de culture qui comporte des électrodes de platine. Plusieurs années sont nécessaires pour synthétiser un produit utilisable, dont les premiers essais chez l'homme commencent au début des années 1970 pour se généraliser à la fin de la même décennie.
C'est un médicament voisin des alkylants qui se lie à l'ADN et empêche sa transcription en ARN puis la synthèse de protéines. Il s'administre par voie veineuse en perfusion brève et unique à la dose de 50 à 100 mg/m² répétée après trois semaines ou cinq jours de suite à la dose de 15 à 20 mg/m² par jour. Le platine qui le compose est, comme d'autres métaux lourds, toxique pour le rein ce qui impose d'apporter au malade par la bouche ou les veines une quantité importante de liquide (hyperhydratation). Le cisplatine est également toxique pour les cellules du sang. Il présente enfin une toxicité nerveuse, notamment pour le nerf auditif, exposant à une surdité.
C'est un produit actif dans de nombreuses tumeurs. Il a amélioré considérablement les taux de guérison des cancers du testicule et, à un moindre degré, de ceux de l'ovaire. Il a beaucoup renforcé la chimiothérapie des carcinomes épidermoïdes des voies aérodigestives supérieures, de l'œsophage, des bronches, du col utérin ou de la vessie qui étaient, jusqu'alors, peu chimiosensibles. Il s'utilise également, avec des résultats intéressants dans les cancers du sein et digestifs. On l'emploie encore pour traiter les sarcomes, les cancers du rein ou les mélanomes.

Clinique :

  1. abréviation pour parler des signes ou symptômes cliniques qui peuvent être repérés par l'examen clinique.
  2. établissement de soins médicaux ou chirurgicaux, dépendant d'un système privé.

Clone :
On désigne par ce terme, l'ensemble d'une population cellulaire engendrée à partir d'une seule cellule-mère : on dit que cette population est monoclonale, ce qui s'observe pour la quasi-totalité des cancers. Un clone tumoral possède en commun certaines propriétés de la cellule initiale : caractère normal conservé par la cellule transformée (comme la sécrétion d'une substance qui va constituer un marqueur), anomalie accompagnant la transformation (comme une modification chromosomique). Mais il peut comporter une certaine Hétérogénéité qui apparaît notamment, au cours de l'évolution d'un cancer, en raison de la progression tumorale : au sein du clone apparaissent des cellules ayant de nouveaux caractères, les rendant plus malignes. Malgré l'extrême diversité de ses composants, un organisme adulte (un homme, un animal) dérivé d'une seule cellule, l'œuf, est monoclonal. Pour un cancer, l'origine du clone malin est une cellule qui a subi la transformation initiale lui donnant le potentiel cancéreux. La nature de cette cellule donne au tissu tumoral des caractères, voisins de ceux du tissu normal correspondant, qui permettent d'en déterminer l'origine et de classer les cancers.

CNRS :
Centre National de la Recherche Scientifique. Regroupe de nombreux laboratoires et unités de recherche en france. Cet organisme public a un Département des Sciences de la Vie qui finance des projets de recherche directement ou indirectement consacrés aux cancers.

Lien vers la page Co à Cz

 


jeux gratuits flash   sites sur le jardinage et le jardin   annuaire cancer