Sommaire cancer
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CA :
De l'anglais cancer antigen, cette abréviation désigne divers
antigènes produits par les cellules cancéreuses. Libérées dans le sang,
elles permettent un dosage dont le taux reflète le volume de la tumeur.
Cachexie :
État l'amaigrissement extrême et de fatigue généralisée. Cet
amaigrissement peut être du à une insuffisance d'apport alimentaire ou à
une affection pathologique. Elle correspond à la fin d'évolution chez
1/3 des cancéreux qui n'ont pas guéri. Elle découle de plusieurs
facteurs tels que l'anorexie, dysphagie etc... Elle peut être traité par
une prise en charge nutritionnelle (régime, alimentation par sonde ou
intraveineuse) et par le traitement qui fera diminuer le nombre de
cellules cancéreuses secrétant la cachetine.
Cachectine
:
Substance produite par les macrophages et par certaines cellules
cancéreuses. Produite au cours de l'inflammation, agissant sur les
cellules de l'immunité et de la graisse, elle est responsable d'un
amaigrissement (cachexie).
Cæcum :
Voir Côlon
Calcémie :
Taux de calcium dans le sang, souvent modifié chez les malades
cancéreux. Un taux anormal provoque peu de troubles visibles. Pour un
adulte, la calcémie est d'environ 96 mg par litre de plasma soit 2,1 à
2,6 mmol/l. On parle d'hypercalcémie quand elle dépasse le taux de 2,6 mmol/l
et d'hypocalcémie quand elle descend en dessous de 2,1 mmol/l.
Calcitonine :
Appelée aussi thyrocalcitonine, il s'agit d'une hormone produite par la
glande thyroïde. Elle diminue le taux de calcium dans le sang. Son
élévation accompagne certains cancers de la thyroïde. Son nombre indique
alors l'importance de la tumeur. Elle sert à traiter l'hypercalcémie qui
accompagne certains cancers par injection intra-musculaire, sous-cutanée
ou intra-veineuse.
Calcium :
Métal qui entre dans la composition des os et qui joue aussi un grand
rôle dans de nombreuses fonctions. Son taux dans le sang
(calcémie) est fréquemment modifiés au cours des cancers, ce qui
entraîne des complications et justifie des dosages systématiques de la
calcémie et détermine des traitements adaptés.
L'organisme d'un adulte contient de 1,1 à 1,2 kg de calcium dont
l'essentiel (1 kg) est dans les os. Le reste se trouve dans les muscles
et le sang. Les trois substances qui interviennent dans la régulation de
la calcémie sont la parathormone (des glandes parathyroïdes à la base du
cou) et la vitamine D qui l'augmentent, la calcitonine qui la
diminue. Les principaux aliments qui en apportent sont les laitages et
les fromages.
Calculocancer :
On appelle ainsi un cancer favorisé par un calcul (ou lithiase)
préalable. Cette succession concerne seulement les cancers de la
vésicule et des voies biliaires, souvent précédés par des calculs.
Cancer :
Tumeur maligne formée par la multiplication désordonnée de cellules.
Terme dérivé du grec KARKINOS (crabe). Prend sa connotation de tumeur
maligne à la fin du XVème siècle (cancer, cancre, chancre). L'adjectif
cancéreux date du milieu du XVIII siècle.
Cancérogène :
On dit parfois aussi Cancérigène (impropre). Se dit de substance,
facteur ou situation susceptible de favoriser ou d'induire l'apparition
d'une tumeur maligne.
Cancérogenèse
:
C'est l'ensemble des facteurs et des mécanismes à l'origine des cancers.
Les processus de cancérogenèse sont très variés mais présentent des
caractères communs pour la plupart des cancers humains. Les principaux
concernent la multiplicité des facteurs qui interviennent et la longue
durée entre la première influence et l'apparition d'un cancer. On
distingue des facteurs internes et des facteurs externes. Les premiers
sont représentés par la constitution génétique d'un individu qui est
plus ou moins vulnérable et exposé : par ex. parmi cent gros fumeurs
beaucoup développent un cancer des bronches, quelques-uns très jeunes,
la plupart à un âge avancé, tandis que d'autres, même vivant longtemps,
n'en présentent pas. Les facteurs hormonaux jouent pour certains
cancers : la femme fait cent fois plus de cancers du sein que l'homme;
c'est sans doute aussi par l'intermédiaire d'hormones qu'influe
l'alimentation. Les aspects immunologiques ont été beaucoup étudiés :
les déficits immunitaires congénitaux ou acquis, après une
transplantation ou un sida, favorisent l'apparition de cancers.
Les agents externes sont dominants. Il est plus facile de les influencer
qu'une constitution génétique. Les produits chimiques ont été pour la
première fois incriminés à la fin du XVIIIème siècle. Le tabac et
plusieurs dizaines de produits toxiques inhalés avec sa fumée ont été
démontrés cancérogènes. Les rayonnements ionisants provoquent des
cancers. Une autre influence déterminante vient du soleil qui cause les
cancers de la peau, nombreux mais heureusement faciles à guérir dans la
majorité des cas. Enfin les agents infectieux sont dominés par les
virus.
Il est exceptionnel qu'une seule influence suffise, à un moment donné,
pour déterminer l'apparition d'un cancer. Au contraire la règle est que
plusieurs facteurs interviennent de façon répétée pendant des mois et
des années. Ils déterminent d'abord une transformation ou mutation d'une
cellule qui acquiert le pouvoir de devenir un cancer. Ce phénomène
initial, encore appelé " initiation ", ne suffit pas. Des interventions
supplémentaires sont nécessaires pour permettre à la cellule modifiée de
se multiplier pour donner un clone à potentiel cancéreux. Là encore il
faut de nombreuses influences et du temps pour permettre cette
multiplication, encore appelée " promotion ". Ces deux étapes conduisent
à reconnaître des facteurs cancérogènes favorisant la première et
appelés " initiateurs " et d'autres la seconde et appelés
" promoteurs ". Tous ces événements demandent du temps. Cela explique
que la plupart des tumeurs malignes n'apparaissent qu'à partir de 40 ou
50 ans. Cela donne du temps pour interrompre un enchaînement
pathologique ou pour reconnaître, par le dépistage, un état
précancéreux, le traiter et éviter ainsi sa dégénérescence maligne .
Ces événements successifs n'épargnent pas la cellule initialement
transformée. À sa première modification s'ajoutent de nouvelles
transformations qui la dotent, ainsi que ses descendantes, de nouveaux
caractères les rendant de plus en plus malignes. Parmi les cellules
cancéreuses, apparaissent de nouvelles cellules qui acquièrent la
capacité de se détacher du clone primitif pour migrer et donner des
métastases à distance, ou qui deviennent chimiorésistantes ou qui ont un
nouvel avantage métabolique activant leur prolifération : c'est le
phénomène de progression tumorale.
Cancérologie :
Créé au début des années 1920 mais surtout utilisé à partir de 1945, ce
terme désigne la discipline médicale consacrée à l'étude des cancers. La
cancérologie s'intéresse aux aspects biologiques et cliniques et couvre
l'épidémiologie et la prévention, le diagnostic et le bilan, le
traitement et la réadaptation. On tend à remplacer cette dénomination
par " oncologie ".
Candida :
Appartient à la famille des champignons (ex : Candida albicans).
Fréquemment rencontrés dans la bouche, ou les intestins, les organes
génitaux et la peau, leur propagation entraîne une infection appelée
candidose (mycose).
Candidose
:
Infection (mycose) due à un champignon, le Candida, qui atteint
principalement la peau et les muqueuses. Elle se développe chez les
cancéreux qui sont vulnérables, surtout lorsqu'ils reçoivent certains
traitements. Les Candida albicans existent chez l'homme normal à
l'état de saprophytes non pathogènes, c'est-à-dire qu'ils sont présents
en quantité modérée, sans provoquer de troubles. La diminution des
défenses immunitaires, les chimiothérapies, la radiothérapie, les
corticoïdes et les antibiotiques leur permettent de se manifester en
provoquant une infection dite opportuniste.
Les candidoses peuvent donner des infections généralisées et graves
(septicémies) chez les malades immunodéprimés par cancer ou sida. A
partir d'un foyer cutané ou digestif, les Candida colonisent le
sang et, par son intermédiaire, provoquent des infections à distance, au
niveau de l'œil, du cœur, des méninges (méningite) et dans la plupart
des viscères. Cette septicémie se manifeste par une grande altération de
l'état général, des frissons, une fièvre élevée. Pour établir le
diagnostic on recherche le Candida en prélevant les
lésions : dans les candidoses superficielles les analyses directes au
microscope et les cultures caractérisent ces champignons, mais pour les
candidoses viscérales la culture du germe à partir du sang (hémoculture)
ne donne pas toujours de résultat positif. Il en va de même pour la
recherche d'anticorps spécifiques dans le sang ou pour les réactions
cutanées d'hypersensibilité (cutiréaction) à la candidine (extrait
purifié du champignon).
Le traitement est local (collutoire, lotion, pommade, crème) ou général
selon le siège de l'infection. Dans les candidoses de la peau on utilise
des antiseptiques simples ou des antifongiques (médicaments contre les
champignons) locaux. Dans les candidoses des viscères on administre les
antifongiques par voie générale (buccale, intramusculaire,
intraveineuse). Chez les cancéreux, les candidoses disséminées résistent
souvent aux traitements qui doivent être prolongés pour éviter les
rechutes.
Canon à
électrons :
Appareil de radiothérapie qui produit des électrons par effet
thermo-électronique à partir d'un filament, le plus souvent en
tungstène. Après avoir été groupés sous l'effet d'une différence de
potentiel alternative, les électrons sont injectés dans une enceinte ou
dans un tube ou règne un vide très poussé, puis sont accélérés.
Carboplatine :
C'est un des médicaments anticancéreux les plus récents, dérivé par
synthèse, à la fin des années 1980, du cisplatine (encore souvent
employé) : il en diffère par une meilleure solubilité qui diminue la
toxicité rénale, mais une plus grande toxicité pour les cellules du
sang.
Carcinoïde :
Les carcinoïdes sont des tumeurs rares caractérisées par une production
d'hormone (sérotonine) à l'origine des principaux troubles. Elles se
développent à partir de cellules particulières, dites " argentaffines "
(en raison de leur affinité pour des colorants à l'argent), qui sont
dispersées le long du tube digestif ou dans d'autres organes. Elles
surviennent entre 50 et 70 ans et évoluent lentement, mais leur guérison
est difficile. Le traitement consiste principalement à éviter les crises
aiguës liées aux décharges de sérotonine.
Leurs manifestations dépendent de leur siège initial, sur l'appendice
dans 40% des cas, l'intestin grêle (30%), le côlon (15%), les bronches
(10%), l'œsophage, l'estomac ou les ovaires. Ce sont rarement des
troubles mécaniques (occlusion) dus à la tumeur. Ce sont plus souvent
des conséquences de la sérotonine : " flushs ", c'est-à-dire bouffées
congestives déclenchées par une émotion ou l'alimentation, diarrhée
profuse, troubles cardio-vasculaires ou modifications de la peau. Ces
symptômes font doser la sérotonine dans le sang et son dérivé l'acide 5-hydroxy-indol-acétique
(5HIAA) dans les urines, puis rechercher la tumeur dans ses sièges
habituels. L'examen clinique est d'ordinaire normal et c'est l'imagerie,
par échographie, radiographie après opacification de l'intestin ou
scanographie, qui montre les lésions.
La chirurgie est le seul traitement capable de guérir la tumeur en
l'enlevant. Elle peut aussi enlever des métastases dans le foie.
Certains médicaments combattent les effets de la sérotonine et limitent
les troubles qu'elle occasionne. La chimiothérapie anticancéreuse est
parfois efficace.
Carcinologie :
Désigne l'étude des cancers. Ce terme, étymologiquement correct est
remplacé de nos jours par "cancérologie" ou "oncologie".
Carcinome
:
D'origine grecque (crabe) et anciennement utilisé en allemand et en
anglais, ce terme a désormais un usage international qui a remplacé en
français le mot épithélioma pour désigner un cancer développé à partir
d'un épithélium ou tissu de revêtement. Les carcinomes représentent
environ neuf cancers sur dix, les autres étant des sarcomes ou des
tumeurs embryonnaires, en particulier chez l'enfant. On en distingue
deux sortes : les carcinomes pavimenteux, ou épidermoïdes, sont
développés à partir d'un épithélium pavimenteux, constitué de cellules
aplaties sur la peau, les voies aéro-digestives supérieures, le col
utérin; les carcinomes cylindriques, ou adénocarcinomes, se développent
à partir d'un épithélium glandulaire, constitué de cellules cubiques
dans le tube digestif, le sein, la prostate, l'endomètre.
Le carcinome in situ
correspond à une petite masse de cellules qui ont toutes les apparences
de cellules malignes mais qui ne franchissent pas la membrane basale sur
laquelle elles reposent et qui les sépare du reste des tissus. Il n'y a
donc pas invasion et on ne peut parler de cancer proprement dit.
Cependant un carcinome in situ présente un risque élevé de
devenir invasif, ses cellules rompant et traversant la membrane basale.
Carcinome
hépatocellulaire :
Cancer du foie.
Carcinosarcome :
Tumeur très rare, associant les deux principales formes de cancer, un
carcinome développé à partir d'un épithélium et un sarcome développé à
partir d'un tissu conjonctif.
Carcinose :
Ce terme désigne une généralisation cancéreuse caractérisée par
la grande diffusion et la petite taille de nombreux foyers tumoraux.
Carie :
Voir dents
Caroténoïdes :
Groupe de substances voisines de la vitamine A et peu différentes
des rétinoïdes.
Cartilage
:
Tissu associé aux os et aux articulations, qui est le siège de rares
tumeurs.
Caryotype
:
Voir Chromosomes.
Castration :
La castration désigne l'ablation chirurgicale des glandes sexuelles ou
gonades, les ovaires chez la femme, les testicules chez l'homme.
On étend le sens de ce mot à toute intervention, physique ou
médicamenteuse, qui aboutit à la suppression de l'activité spécifique de
ces organes, c'est-à-dire de la capacité de procréation et de production
des hormones sexuelles. Elle entraîne des modifications profondes de la
sexualité (diminution du désir et de la puissance sexuels) et dans
d'autres fonctions, comme le métabolisme osseux, déficits comparables à
ceux observés après la ménopause et l'andropause.
En cancérologie, la castration a été introduite pour la première fois en
1896 : Beatson, un chirurgien écossais, montre que l'ablation des
ovaires est un traitement efficace du cancer du sein, à une époque où
les hormones sont mal connues. Environ 50 ans plus tard la castration
est appliquée chez l'homme pour le traitement du cancer de la prostate.
La suppression de l'activité des glandes sexuelles fait maintenant
partie du traitement des tumeurs dont la progression est stimulée par
les hormones qu'elles produisent (sein et prostate).
Elle peut être obtenue par d'autres moyens que la chirurgie. L'effet de
la radiothérapie sur les ovaires est connu et utilisé depuis le début du
XXème siècle. Elle provoque un arrêt progressif des ovulations et de la
production d'hormones. On dispose maintenant d'hormones de synthèse qui
suppriment la stimulation des ovaires par l'hypophyse et produisent le
même effet. Appliquées à l'homme, elles arrêtent la fonction
testiculaire. Cet effet est réversible à l'arrêt du traitement.
En cas de cancer de l'ovaire lui-même, l'ablation des deux ovaires doit
être pratiquée, sauf exception, tandis que l'ablation des deux gonades
n'est pas obligatoire pour le traitement d'un cancer du testicule.
Enfin les gonades, ovaires ou testicules, peuvent être affectés par une
radiothérapie de voisinage, plus fréquemment par des chimiothérapies
administrées pour traiter une tumeur. Suivant le type de chimiothérapie,
sa durée d'administration et l'âge du sujet, la production des gamètes
(ovules, spermatozoïdes) et les sécrétions hormonales peuvent être
altérées et réduites à des degrés divers, d'où un effet de castration
plus ou moins complet.
Cathéter
:
Petit tuyau souple destiné à être implanté dans une veine, une artère ou
une cavité pour effectuer un prélèvement, administrer des médicaments ou
permettre un écoulement.
Dans le traitement des cancéreux. Il est le plus souvent introduit dans
une veine, pour injecter un produit opaque aux rayons X avant une
radiographie, des solutions nutritives ou des médicaments qui, comme la
plupart des médicaments anticancéreux (cytotoxiques), ne sont tolérés
que par voie veineuse. Il permet une nutrition parentérale quand le
patient ne peut s'alimenter par la bouche. L'utilisation d'un cathéter
sert surtout à des injections prolongées ou répétées et améliore le
confort du patient en évitant de le piquer à plusieurs reprises, surtout
si l'accès à une veine est difficile, et en lui permettant de se
mobiliser avec moins de précautions.
Tandis que l'extrémité interne du cathéter est située dans une grosse
veine profonde, son entrée peut dépasser de la peau ou être une capsule
ou un réservoir situé sous la peau ce qui facilite les soins d'hygiène.
Un cathéter peut être aussi placé dans une cavité naturelle (vessie) ou
anormale (abcès) pour y injecter un désinfectant ou un cytotoxique, ou
bien pour en retirer du liquide en excès, en cas d'ascite ou de
pleurésie par exemple.
Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles qui sont bien
supportés par l'organisme. En plus de leurs qualités mécaniques ils
doivent résister aux médicaments, parfois caustiques, qui y sont
injectés, et au temps. Ils ne doivent pas entraîner de coagulation ni
favoriser des infections.
Cathétérisme :
Introduction d'une sonde dans un canal ou un conduit naturel de
l'organisme ( vaisseaux , coeur , tube digestif , voies urinaires ...)
Cellule :
La cellule est la plus petite unité constitutive d'un organisme vivant
évolué, animal ou végétal (il y a des êtres primitifs composés d'une
seule cellule). C'est elle qui est atteinte à l'origine d'un cancer et
donne une descendance ou clone qui constitue la tumeur maligne.
Le noyau contient l'information génétique de l'ADN. Le reste de la
cellule ou cytoplasme contient principalement les mitochondries qui
donnent l'énergie nécessaire à la machinerie cellulaire et le réticulum
endoplasmique où sont fabriqués les produits de la cellule.
La cellule peut être perturbée dans l'un de ses nombreux constituants.
On lui distingue en effet un noyau, un cytoplasme et une membrane qui la
limite en périphérie. Le noyau contient les chromosomes renfermant
l'ADN, véritable mémoire de la cellule, représentée par l'ensemble des
gènes (environ 100 000) . Ce génome lui permet de se reproduire à
l'identique et de fonctionner. L'ADN commande la fabrication des
protéines et de toutes les substances nécessaires à la vie de la
cellule, par l'intermédiaire des ARN. Il peut être atteint par un
facteur externe toxique ou subir une altération accidentelle et ainsi
connaître une modification ou mutation qui a pour conséquence la
prolifération tumorale, surtout si cette mutation touche un oncogène ou
un anti-oncogène qui règlent la reproduction de la cellule et sa
croissance. La principale conséquence est qu'une cellule cancéreuse est
" immortelle ", c'est-à-dire qu'elle peut se reproduire indéfiniment en
culture, contrairement aux cellules normales qui dépérissent plus ou
moins vite, comme l'avait observé Alexis Carrel. L'ADN est aussi la
cible des médicaments anticancéreux ou des rayonnements ionisants qui y
provoquent des lésions retardant la division de la cellule ou entraînant
sa mort.
Les liens entre cellules normales persistent entre cellules cancéreuses,
ce qui gêne les cultures cellulaires. Ils doivent se dissoudre pour
qu'une cellule se libère de la tumeur primitive, pour migrer à distance
et fonder des foyers tumoraux secondaires ou métastases. Ce sont eux qui
donnent à la plupart des tumeurs leur consistance ferme ou dure qui fait
parler de tumeur solide. Ils sont absents au contraire dans les cellules
du sang qui circulent indépendamment les unes des autres et sont à
l'origine de cancers où cette liberté individuelle est conservée pour
donner des tumeurs dites " liquides " (leucémies, certains lymphomes,
myélome, etc.)
Tandis que la cellule originelle ou œuf est " totipotente ", capable de
donner toutes les cellules d'un organisme adulte, il se produit, au
cours du développement embryonnaire, une différenciation : les nouvelles
cellules expriment un caractère particulier en perdant d'autres
propriétés, exprimées dans d'autres cellules. Pour une famille
cellulaire donnée, il existe des cellules souches qui restent au repos
ou se divisent pour produire des cellules actives selon les besoins.
Quand une cellule devient cancéreuse, elle garde en général cette
différenciation qui permet de la reconnaître et de rattacher le cancer à
son origine. Au cours de l'évolution d'un cancer, les cellules
deviennent de plus en plus malignes (c'est la progression tumorale) et
en même temps de moins en moins différenciées (dé-différenciation) : il
devient impossible de reconnaître leur nature de base et on parle
d'anaplasie.
Les cellules cancéreuses présentent des anomalies de constitution ou de
forme qui permettent le diagnostic. Ces anomalies peuvent être reconnues
sur des cellules isolées, par un examen de cytologie. Elles sont plus
souvent et mieux identifiées sur un ensemble de cellules réunies en
tissu dont l'architecture est également anormale, par un examen
d'histologie ou d'anatomopathologie. A l'examen au microscope, les
composants des cellules sont reconnus à leur forme et mieux vus après
une coloration : par exemple le noyau est augmenté de volume par rapport
à l'ensemble de la cellule et montre des signes d'activité, les
divisions cellulaires ou mitoses sont plus nombreuses. Certaines
cellules perdent des constituants spécialisés d'origine, d'autres sont
mis en évidence, de façon plus précise, par des anticorps monoclonaux
qui se lient de façon spécifique à eux et les révèlent par une
coloration ou une fluorescence complémentaire.
À côté des cellules normales et cancéreuses, des cellules dites
cytotoxiques, venant du malade lui-même ou d'un donneur de greffe de
moelle osseuse, sont stimulées et multipliées hors de l'organisme avant
d'être réinjectées pour aller détruire les cellules cancéreuses
(immunothérapie).
L'importance des cellules et de leurs divers composants justifie, à côté
du développement de la biologie moléculaire, une biologie cellulaire
consacrée à l'étude de ces constituants fondamentaux d'un organisme, qui
jouent un rôle déterminant à l'origine des cancers et dans leur
évolution.
Centre de Lutte
Contre le Cancer (CLCC) :
C'est, en France, une structure originale, établie par
l'Ordonnance du 1er octobre 1945, ayant pour but de coordonner la lutte
anticancéreuse à l'échelon régional, d'assurer les soins aux malades, de
développer une recherche pluri-disciplinaire et d'améliorer
l'enseignement, la formation des professionnels de la santé et
l'information du public.
Leur premier objectif est de réunir, dans une unité de lieu, les
nombreuses compétences requises pour prendre en charge les patients en
regroupant les spécialités : pour le diagnostic (imagerie, médecine
nucléaire, anatomopathologie, biologie), pour le traitement (chirurgie,
radiothérapie, oncologie médicale, etc.) et selon les localisations
cancéreuses (gastro-entérologie, gynécologie, otorhinolaryngo-logie,
pneumologie, urologie, hématologie, pédiatrie, etc.). A ces compétences
s'ajoutent celles de disciplines complémentaires : épidémiologie,
psychologie, sciences de l'information réadaptation, recherche
fondamentale, etc.
Les centres réunissent des services d'hospitalisation classique,
complétés par des hôpitaux de jour pour des explorations ou des
traitements ambulatoires, des services de consultation correspondants,
des services d'exploration (radiologie, endoscopie, médecine nucléaire),
des services de traitement (blocs opératoires, radiothérapie) et des
laboratoires. Selon les centres, spécificités ou complémentarités
existent en liaison avec le centre hospitalier régional ou universitaire
(CHU) auquel les relient des conventions de coopération. Ainsi peuvent
être réunies, autour de chaque malade qui se trouve au cœur du système,
toutes les compétences nécessaires. Les centres sont placés sous
l'autorité d'un directeur médecin qui exerce la responsabilité
administrative, secondé par un secrétaire général. Les centres sont
ainsi des structures originales, dont le Conseil d'Administration est
présidé par le préfet et qui participent au service public.
Les deux centres nationaux (Institut Curie à Paris et Institut
Gustave-Roussy à Villejuif) et les dix-huit centres régionaux sont
réunis depuis 1964 en une Fédération nationale qui a pour objectif de
valoriser les ressources ainsi assemblées en favorisant la coopération
entre les centres, en développant recherche et formation et en
harmonisant l'organisation administrative.
Dans leur ensemble les centres français réunissent près de mille
médecins et plus de 10 000 membres de personnel non médical. Ils
travaillent en coopération avec de nombreux laboratoires de recherche.
Ils mettent en commun les principales données médicales concernant les
malades traités dans l'Enquête Permanente Cancer. Certaines données de
ce site émanent de ces centres, et de nombreux liens vous dirigent vers
eux ou leur fédération.
Céphalée :
Appelée aussi céphalalgie. Désigne toute douleur localisée à la tête.
L'usage réserve cette dénomination aux sensations douloureuses de la
voûte crânienne et non de la face ou de la région cervicale. Symptôme
fréquent chez un malade atteint de cancer. Elle peut simplement
accompagner la fatigue du malade, suivre un manque de sommeil ou la
prise de certains médicaments. Elle traduit de façon plus précise une
hypertension intracrânienne due au développement dans le crâne
inextensible d'une tumeur primitive ou d'une métastase cérébrale. Elle
peut être discrète ou intense, fugace ou permanente, diurne ou nocturne,
localisée dans une partie de la tête ou diffuse. Elle peut être
facilement soulagée par un traitement simple (aspirine, ibuprofène,
paracétamol) ou résister au traitement, s'aggraver et s'accompagner de
vomissements qui la soulagent temporairement. Toutes les fois qu'elle
présente une certaine sévérité, il faut en préciser l'origine par un
examen clinique qui peut déceler des manifestations nerveuses, par une
scanographie de l'encéphale, qui montre le mieux une ou des tumeurs
responsables, ou par une ponction lombaire retirant du liquide
céphalorachidien dans lequel des cellules cancéreuses signent une
méningite. Le meilleur traitement des céphalées est celui de leur cause.
L'hypertension intracrânienne due à une tumeur est souvent aggravée par
un oedème qui l'entoure et peut être résorbé par un traitement anti-oedémateux
(corticoïdes, diurétiques, etc.), ce qui soulage le plus rapidement et
le mieux les céphalées.
Cérébrale
(Tumeur)
On regroupe sous le terme de " tumeurs du cerveau " des cancers,
mais aussi des tumeurs bénignes ou de malignité intermédiaire, très
différents. Il y a d'abord des tumeurs primitives : les lésions
cancéreuses des tissus nerveux de l'encéphale, ou " gliomes ",
représentent 40% de l'ensemble ; d'autres lésions intra-crâniennes
prennent naissance dans les nerfs crâniens (neurinomes, 10%),
l'hypophyse ou glande pituitaire (adénomes, 8%) ou les méninges
(méningiomes, 20%). Ce sont des tumeurs rares : 8 à 10 nouveaux cas
apparaissant chaque année parmi 100 000 personnes (incidence). Leur
cause et le mécanisme de leur croissance restent inconnus, aucun facteur
de risque particulier n'ayant été reconnu. Les métastases
intracrâniennes sont des tumeurs secondaires à des cancers apparus
ailleurs dans l'organisme (16 à 20%).
Les tumeurs cérébrales primitives se développent, s'expriment et
évoluent diversement selon leur nature et leur siège. Elles s'étendent
uniquement sur place et ne donnent jamais de métastases en dehors du
système nerveux central. Elles agissent par leur masse et le
développement progressif de leur volume dans la boîte crânienne rigide
et inextensible : en augmentant elles compriment et déplacent les
structures nobles du cerveau. Celui-ci tolère des masses à croissance
très lente et certains méningiomes atteignent le volume d'un
pamplemousse avant d'être découverts. Mais si leur croissance est rapide
ou leur volume important, elles provoquent une hypertension
intracrânienne, quelquefois immédiatement dangereuse : une métastase de
cancer des bronches qui s'aggrave en quelques semaines se manifeste dès
qu'elle a le volume d'une prune.
Les signes cliniques qui expriment l'irritation ou la compression du
tissu cérébral et des nerfs crâniens sont quelquefois facilement repérés
et interprétés : c'est le cas d'une crise d'épilepsie ou d'un trouble
progressif de la parole. D'autres signes de souffrance cérébrale sont
plus difficiles à reconnaître : un changement graduel de caractère, une
anomalie du comportement ou encore une surdité unilatérale peuvent être
longtemps mal interprétés. Il existe par ailleurs de vastes zones du
cerveau dont les fonctions sont si subtiles, ou si aisément assurées par
d'autres régions, qu'une tumeur à leur niveau peut atteindre un grand
volume avant de se manifester.
Les moyens modernes d'imagerie ont beaucoup amélioré le diagnostic. A
lui seul, le scanner, prescrit et interprété en fonction des données
cliniques, reconnaît la présence d'une tumeur dans 95% des cas.
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) apporte des précisions
topographiques supplémentaires importantes dans de nombreux cas.
Cependant, ces examens ne précisent pas la nature de la lésion et il est
utile, parfois crucial, de faire un prélèvement car le choix du
traitement en dépend. Les techniques stéréotaxiques permettent cette
biopsie sans risque excessif, pratiquement dans n'importe quelle zone de
l'encéphale.
Le traitement des tumeurs cérébrales commence le plus souvent par un
acte chirurgical. La chirurgie suffit à guérir certaines tumeurs
bénignes. Pour d'autres tumeurs bénignes plus évoluées, moins bien
limitées ou plus mal placées, et pour la plupart des tumeurs malignes,
la chirurgie réduit le volume tumoral, supprime les phénomènes de
compression et donc améliore les troubles cliniques. En éliminant les
zones de la tumeur qui sont biologiquement peu actives (quiescentes) ou
nécrosées et peu sensibles à la radiothérapie ou à la chimiothérapie,
elle améliore l'efficacité de ces autres thérapeutiques. La
radiothérapie est un traitement complémentaire important pour les
lésions malignes et pour les lésions bénignes incomplètement enlevées et
c'est le seul traitement palliatif possible pour des lésions malignes
inextirpables à cause de leur siège, de leur étendue ou de l'état du
malade. Cependant la tolérance du tissu cérébral aux rayonnements
ionisants est médiocre et certaines radiothérapies entraînent de
sérieuses complications. Mises à part des lésions particulières, la
chimiothérapie a une efficacité limitée. Ces traitements relativement
lourds n'ont fait aucun progrès significatif depuis vingt ans.
Cerveau :
Ce terme anatomique désigne habituellement l'encéphale qui regroupe
toutes les parties du système nerveux central contenues dans la boîte
crânienne : le cerveau proprement dit, le cervelet, enfin le tronc
cérébral, principalement formé du bulbe rachidien, qui se prolonge par
la moelle épinière. Enveloppé dans les méninges, il est composé de
matière grise au centre et de substance blanche en périphérie. Il
contient des cellules nerveuses au sens strict, ou neurones, qui ne se
divisent plus après la naissance et ne donnent pas de tumeur, et des
cellules interstitielles, qui assurent la nutrition et le soutien des
précédentes et sont à l'origine des principales tumeurs cérébrales, les
gliomes (astrocytomes et glioblastomes). En dehors des tumeurs
primitives, le cerveau est le siège de tumeurs secondaires ou
métastases. Chez un malade atteint de cancer, il peut être aussi le
siège d'une infection sous la forme d'encéphalite, d'abcès ou de
méningite. Il peut être enfin lésé par des traitements anticancéreux et
présenter des complications après certaines chimiothérapies ou une
radiothérapie intéressant le crâne.
Césium 137 :
C'est une source radioactive artificielle, isotope du césium 133
naturel, utilisée en curiethérapie gynécologique. Il émet des photons
dont l'énergie moyenne est de 0,66 MeV. Sa période (temps nécessaire à
la diminution de moitié de son activité) est de 30 ans. Il est contenu
dans des tubes de 3 cm de long ou dans des billes en acier inoxydable.
Celles-ci sont assemblées sur des " trains " de billes dont on fait
varier la longueur selon qu'on les place dans le vagin ou dans la cavité
du corps de l'utérus. Le césium 137 est utilisé selon la technique de
chargement différé, le plus souvent à l'aide d'un projecteur de source
télécommandé. Il a la même efficacité que l'iridium (ou que le radium)
mais nécessite des protections plombées plus importantes. Il sert
principalement au traitement des cancers de l'utérus (col ou corps),
exceptionnellement pour des lésions d'autre nature, à l'aide de tubes,
voire d'aiguilles.
Chaînes lourdes
(Maladies des) :
Les chaînes lourdes correspondent aux fragments les plus
importants des molécules d'anticorps fabriqués par certains lymphocytes,
les plasmocytes. Une maladie des chaînes lourdes correspond à un cancer
de ces cellules qui continuent à fabriquer une partie seulement des
anticorps normaux (les anticorps sont normalement composés de deux
chaînes lourdes unies entre elles et à deux chaînes légères) : leurs
chaînes lourdes sont retrouvées dans le sang comme des marqueurs. Elles
sont de trois types principaux, a , g ou m et, selon la chaîne
fabriquée, on distingue trois sortes de maladies des chaînes lourdes.
La maladie des chaînes a est la moins rare. Voisine du lymphome
méditerranéen, elle se rencontre sur le pourtour de la Mer Méditerranée.
Elle se traduit par une tumeur de l'intestin grêle sur laquelle
s'observent différents stades d'évolution. Favorisée par une hygiène
défectueuse, une infection intestinale chronique est presque toujours à
l'origine d'une tumeur bénigne qui finit par devenir maligne (dégénérer)
si l'infection persiste. Elle se traduit par une diarrhée chronique, des
douleurs de l'abdomen et un amaigrissement. L'imagerie et l'endoscopie
digestives montrent la tumeur intestinale et permettent un prélèvement
(biopsie) et le diagnostic anatomopathologique ; ce dernier est complété
par l'analyse des protéines du sang qui montre l'anomalie des globulines
(dysglobulinémie) et identifie les chaînes lourdes. Spontanément la
maladie évolue lentement vers la mort. Cette évolution est enrayée par
un traitement antibiotique au début, puis par l'ablation chirurgicale
d'une tumeur ou par une chimiothérapie qui peuvent guérir des malades.
Les maladies des chaînes lourdes g et m sont très rares. Elles
présentent le même genre d'altération protéique dans le sang. La
prolifération des cellules lymphoïdes responsables de cette anomalie
peut se traduire par une augmentation des ganglions, de la rate et du
foie. Elle envahit la moelle osseuse où une biopsie permet de
l'identifier. Une chimiothérapie peut retarder une évolution
spontanément lente mais défavorable.
Champignons :
Les cancéreux sont vulnérables à certains champignons microscopiques qui
peuvent entraîner des infections graves : les mycoses. Ce sont des
germes opportunistes, présents normalement en petite quantité sans
provoquer de troubles, qui profitent d'une diminution des défenses
immunitaires, en particulier chez les patients cancéreux ou atteints de
sida, pour provoquer une infection. Ces champignons sont principalement
Candida à l'origine de candidose, Aspergillus, Cryptococcus
et Histoplasma. Tous les cancers ne favorisent pas de la même
façon ces infections. Les candidoses de la peau et des muqueuses
s'observent dans tous les types de cancers, mais les autres mycoses
surviennent surtout chez les patients atteints de leucémies ou de
cancers lymphoïdes. En outre, ces infections sont favorisées par les
traitements : radiothérapie, chimiothérapie, corticoïdes et
antibiotiques.
Les Aspergillus sont des champignons filamenteux qui pénètrent
l'organisme après inhalation de spores parasitant des débris organiques.
Le champignon aime se développer dans une cavité préexistante, en
particulier dans les poumons où il forme un " aspergillome ", muet ou
révélé par des crachats sanglants, mais caractéristique à la
radiographie. L'aspergillose se manifeste comme une infection pulmonaire
fébrile et grave qui se généralise par voie sanguine dans tous les
viscères et entraîne souvent la mort. Elle peut aussi donner des
réactions simulant l'asthme, des pleurésies purulentes ou des infections
du conduit externe de l'oreille. Le germe est caractérisé par isolement
et culture du produit pathologique ou présence d'anticorps spécifiques
dans le sang.
Les Cryptococcus sont des levures encapsulées. L'infestation se
fait aussi par inhalation et passage pulmonaire, souvent inaperçu. Elles
entraînent des atteintes très graves de l'encéphale et des méninges, de
la peau et des os. Des septicémies peuvent toucher tous les viscères. Le
diagnostic se fait par isolement et culture du champignon à partir du
produit pathologique.
Le traitement des aspergilloses et cryptococcoses fait appel à plusieurs
produits actifs : l'amphotéricine B , la 5-fluorocyto-sine, le
kétoconazole, le fluconazole, seuls ou associés. Les aspergillomes
nécessitent quelquefois une résection chirurgicale. Ces mycoses restent
graves chez les patients cancéreux et leur pronostic est réservé.
Plus rare en Europe, l'histoplasmose entraîne des lésions disséminées
viscérales chez l'immunodéprimé avec également atteinte des muqueuses et
de la peau.
Chargement
différé :
Voir Curiethérapie.
Charge virale :
La charge virale plasmatique correspond au nombre de particules
virales contenues dans un échantillon de sang. Elle s'évalue aujourd'hui
à l'aide de deux techniques (PCR et bDNA) et s'exprime en nombre de
copies ou en log.
Cheveux :
Voir Alopécie.
Chimioprévention
:
Prévention d'un cancer par une substance chimique ou un médicament, elle
peut être envisagée à deux niveaux. Le premier est celui des lésions
précancéreuses qui précèdent la plupart des cancers. Leur traitement et
leur guérison par un médicament, comme par tout autre moyen, évite leur
transformation maligne et l'apparition de cellules cancéreuses. Des
kératoses de la peau du visage ou des mains exposée au soleil
bénéficient d'applications locales de fluoro-uracile qui les guérit et
les empêche d'évoluer vers un cancer. Les rétinoïdes sont également
utiles pour traiter des lésions précancéreuses des muqueuses et rétablir
une muqueuse normale au lieu de la laisser s'aggraver et dégénérer, mais
leur efficacité est temporaire si l'agent responsable de ces anomalies,
comme le tabac, persiste.
Le second niveau est celui de cancers au stade microscopique, après la
dégénérescence d'une première cellule maligne mais avant l'apparition
d'une tumeur perceptible. Le traitement de cancers microscopiques,
c'est-à-dire inconnus et seulement supposés, par une chimiothérapie
anticancéreuse à petites doses, a été proposé mais il est irréaliste.
Les risques pour un individu en bonne santé d'avoir un " microcancer "
sont faibles, donc les raisons de le traiter sont faibles aussi.
L'efficacité d'une telle chimioprévention est indéterminée et n'est
probablement pas grande. En revanche les médicaments utilisés sont
toxiques et quelques-uns, administrés pendant de longues périodes et
même à faibles doses, favorisent l'apparition de cancers.
Le cancer du sein, fréquent et soumis à des influences hormonales
connues, présente une situation particulière. Une hormono-prévention,
depuis longtemps envisagée, commence à faire l'objet d'essais pour deux
raisons : les hormones actuelles sont bien supportées et se prêtent à
des administrations prolongées sans inconvénient important pour les
patientes; par ailleurs le traitement hormonal fait pour un premier
cancer du sein semble diminuer l'apparition d'un second cancer dans
l'autre sein ( Cancer bilatéral). Dans ces conditions des femmes saines
volontaires ont été enrôlées dans des études de grande envergure, en vue
de recevoir un traitement hormonal ou de n'avoir aucun traitement pour
être simplement surveillées (groupe de contrôle). Les observations
faites après plusieurs années indiqueront les avantages et les
inconvénients d'une telle hormonoprévention avant de déterminer
l'attitude courante à adopter.
Chimiorésistance :
La résistance d'un cancer aux médicaments anti-cancéreux est un problème
majeur de la chimiothérapie. Un traitement est plus souvent arrêté à
cause de son inefficacité, initiale (résistance primaire ou intrinsèque)
ou progressive (résistance secondaire ou acquise), qu'à cause de sa
toxicité. Cette résistance n'est parfois liée qu'à une mauvaise
adéquation entre trois paramètres : la pharmacocinétique du médicament,
son mécanisme d'action et les caractères de la cinétique cellulaire de
la tumeur. Un médicament qui a une demi-vie brève dans l'organisme et
n'agit que pendant une phase courte du cycle cellulaire, est peu actif
si on l'administre en injection rapide, " en flash ", et agit mieux
après perfusion continue sur 24 heures. Un autre exemple de cette
résistance " circonstancielle " est l'insensibilité des tumeurs
cérébrales à des médicaments anticancéreux qui ne traversent pas la
barrière hémato-encéphalique séparant le courant sanguin des tissus
nerveux.
Une cellule peut limiter les effets toxiques d'un médicament par
plusieurs mécanismes :
- en entravant sa pénétration à
travers la membrane cellulaire ;
- en ne transformant pas le
médicament en une forme plus active ;
- en l'inactivant ;
- en modifiant les cibles
moléculaires normalement sensibles au médicament pour qu'elles
deviennent réfractaires à son influence ;
- en augmentant l'élimination du
médicament vers l'extérieur.
La chimiorésistance est
due à des mécanismes que développent les cellules tumorales, d'emblée ou
lors de la progression qui les rend plus malignes, pour se protéger des
médicaments.
La résistance est donc un ensemble complexe de phénomènes,
caractéristiques d'un médicament donné ou communs à plusieurs d'entre
eux. Certains de ses mécanismes peuvent être contournés, y compris par
de nouveaux composés.
Chimiosensibilité :
C'est la propriété d'une tumeur qui conditionne sa réponse clinique à
une chimiothérapie. Certains cancers sont très chimiosensibles : la
chimiothérapie entraîne souvent une rémission totale ou partielle. On
parle de cancers chimiocurables quand la guérison peut être obtenue par
le seul traitement médical : c'est le cas de tumeurs embryonnaires et
des cancers du sang (hémopathies malignes). Certains cancers en revanche
ne répondent qu'exceptionnellement à la chimiothérapie, quels que soient
les médicaments utilisés : on parle de chimiorésistance.
Depuis les années 1970, on tente de mettre au point des tests
prédictifs, pour prévoir la sensibilité ou la résistance d'une tumeur
aux médicaments anticancéreux. Il faut enfin attendre des jours ou des
semaines pour avoir le résultat. La prédiction d'une résistance est
bonne dans 90% des cas, mais la prédiction de la sensibilité n'est
obtenue que dans 70% des cas et cette information confirme généralement
ce que le type tumoral permettait de prévoir. Ces épreuves in vitro
ont été abandonnées car, sur 100 malades, le laboratoire n'apporterait
de renseignement utile que pour deux d'entre eux. D'autres tests, plus
rapides, évaluent la survie de cellules fraîches en présence du
médicament, mais leur intérêt est limité car ils ne sont applicables que
dans les hémopathies malignes qui sont en règle générale
chimiosensibles.
Chez les malades, la chimiosensibilité s'évalue par l'efficacité du
traitement. L'obtention d'une réponse tumorale, et la rapidité de cette
obtention, sont des facteurs favorables pour l'évolution ultérieure du
cancer.
Chimiothérapie :
Traitement qui consiste à utiliser un médicament dans le but de guérir
une maladie (Polychimiothérapie : association de plusieurs médicaments).
La chimiothérapie anti-cancéreuse correspond au traitement par des
produits chimiques, des médicaments extraits de végétaux ou produits en
laboratoire par synthèse. Ils se distinguent d'autres substances
également utilisées contre les cancers, qui sont proches de produits
physiologiques, comme les hormones (hormonothérapie) ou comme les
cytokines (immunothérapie). Ces composés sont toxiques pour les cellules
cancéreuses (cytotoxiques), ils bloquent leur reproduction et leur
division ou mitose (antimitotiques) et ils entraînent leur mort.
Tous ces médicaments
agissent sur les cellules cancéreuses, ce qui est souhaité, mais aussi
sur les cellules normales, ce qui entraîne leur toxicité. Leur index
thérapeutique, c'est-à-dire l'écart entre leur action efficace et leur
action toxique n'est pas très important et il est difficile de les
utiliser à des doses très efficaces sans entraîner, en corollaire, une
toxicité excessive. Pour augmenter cet index on utilise des associations
qui concentrent sur la tumeur l'efficacité de plusieurs médicaments, en
dispersant leurs toxicités différentes sur divers organes.
Les conditions de leur administration cherchent aussi à augmenter
l'efficacité sans trop accroître la toxicité. Quelques agents
anticancéreux se prennent par la bouche. Quelques-uns peuvent s'injecter
par voie artérielle ou intramusculaire. La plupart ne s'administrent que
par voie veineuse, éventuellement par cathéter. L'injection peut être
courte, en " flash ", pendant quelques minutes, s'étendre sur une ou
deux heures ou être continue, sur un ou plusieurs jours à l'aide de
pompes régularisant son débit. Les administrations sont répétées par
cycles séparés par un intervalle de trois ou quatre semaines pendant
lesquelles les cellules normales et le malade récupèrent (réparent), en
principe plus vite et mieux que les cellules cancéreuses.
La place de la
chimiothérapie dans le traitement d'un cancer dépend de son type et de
son étendue. Quelques tumeurs ont une grande chimiosensibilité et sont
chimiocurables : elles peuvent être guéries par ce seul moyen. C'est le
cas des cancers du sang ou hémopathies malignes, en particulier des
leucémies aiguës qui sont toujours généralisées et pour lesquelles la
chimiothérapie assure un traitement général. Elle comporte alors
différentes étapes : une phase d'induction forte est destinée à
entraîner une rémission complète; puis elle est modifiée pour une phase
de consolidation, avant un traitement d'entretien plus ou moins long.
Pour d'autres cancers, la place de la chimiothérapie dépend de leur
généralisation évidente ou probable. Elle s'associe alors à un
traitement local par chirurgie ou radiothérapie. Elle peut être
appliquée en premier, quand la généralisation est certaine et la
chimiosensibilité suffisante, avant le traitement local qui sera plus
facile ou plus efficace sur une tumeur préalablement réduite. Elle vient
après le traitement local quand celui-ci a apporté des renseignements en
faveur d'une généralisation : on parle alors de chimiothérapie
adjuvante.
Une chimiothérapie n'est commencée qu'après le bilan préthérapeutique
dont les résultats doivent confirmer qu'elle est justifiée et que le
patient peut la supporter. Son application répétée nécessite une
surveillance régulière pour vérifier qu'elle est bien réalisée
(observance), qu'elle est efficace (faute de quoi il faudrait
l'interrompre) et suffisamment bien supportée (sinon elle doit être
réduite ou arrêtée). Les progrès de ces traitements permettent souvent
de les faire chez un malade ambulatoire ou à domicile.
Chirurgie :
La chirurgie est le plus ancien des traitements des cancers. Son but a
d'abord été et il reste d'enlever les parties du corps envahies par la
tumeur primitive ou par ses métastases : c'est la chirurgie spécifique
des cancers. Plus récemment s'est développée une chirurgie non
spécifique dont l'objet est simplement d'explorer la tumeur, d'améliorer
le confort du malade, ou de corriger les suites d'un traitement
antérieur, y compris chirurgical.
Cholangiome :
Tumeur bénigne du foie développée à partir des petits canaux qui
véhiculent la bile.
Cholécystite :
Inflammation de la vésicule biliaire . ( 2 formes : cholécystite aiguë
ou cholécystite chronique )
Cholestérol :
Très connue comme facteur de risque de maladie cardiovasculaire et liée
au métabolisme des graisses ou lipides, cette substance organique est
aussi un précurseur des hormones stéroïdes qui ont une influence
spontanée à l'origine de certains cancers ou un rôle thérapeutique en
hormonothérapie. Des enquêtes épidémiologiques ont montré une relation
entre le taux de cholestérol dans le sang et la survenue de cancer mais
cette relation est faible et discutée.
Chondrome :
Tumeur bénigne des os qui se développe à partir du cartilage. La
bénignité est parfois incertaine et il existe des formes intermédiaires
avec les chondrosarcomes. Un chondrome peut être unique mais certains
malades en présentent plusieurs : on parle de chondromatose.
Chondrosarcome :
Cette tumeur maligne des os se développe à partir du cartilage, le plus
souvent au genou. Elle entre dans le cadre des sarcomes dont le
pronostic et le traitement sont déterminés par le degré de malignité et
l'étendue de la tumeur.
Chordome :
C'est une tumeur rare, de faible malignité, développée à partir de
vestiges embryonnaires de la notochorde qui contribue à la formation de
la colonne vertébrale. Elle apparaît surtout à son extrémité supérieure,
à la base du crâne, ou inférieure, au niveau du sacrum ou du coccyx. Au
microscope ses cellules n'apparaissent pas malignes mais son évolution,
quoique généralement lente, est défavorable, parce que l'ablation
chirurgicale ne peut être que rarement complète.
Chorée :
Affection neurologique se manifestant par des mouvements involontaires
brusques , désordonnés et des troubles mentaux
Chorioadénome :
Variété de tumeur développée à partir du placenta, qui peut donner des
extensions à distance (métastases). Son évolution est toutefois bénigne
et se fait vers la guérison.
Choriocarcinome
:
Cette tumeur maligne, développée habituellement à partir du placenta,
succède à une grossesse, prématurément interrompue ou plus rarement
menée à terme. Elle apparaît d'emblée ou complique une tumeur bénigne
appelée môle hydatiforme. L'ensemble de ces tumeurs est regroupé sous le
terme de maladie trophoblastique. Sa fréquence est d'une pour 10 000 à
70 000 grossesses, plus élevée en Asie. De cause inconnue, c'est une
tumeur du produit de conception, dont la composition génétique vient
donc pour moitié de la mère qui en est atteinte et pour moitié du père.
Elle se présente comme une greffe à moitié incompatible et on discute le
rôle des groupes sanguins différents du père et de la mère ainsi que
d'autres facteurs immunitaires, sans conclusion claire ni conséquence
pratique.
Il existe aussi des cancers du testicule et très rarement de l'ovaire
composés pour tout ou partie de choriocarcinome.
Chronobiologie :
Étude des modifications biologiques qui se produisent avec le temps
selon un rythme annuel (circannuel) ou quotidien (circadien). En
cancérologie ce sont surtout les variations des reproductions
cellulaires au cours des différents moments de la journée qui sont
étudiées. Le déroulement du cycle cellulaire est influencé par l'heure,
le jour et la nuit. On cherche à mettre à profit ces variations pour le
traitement, en particulier la chimiothérapie, en vue d'une
chronothérapie visant à administrer les médicaments à un moment où ils
soient plus efficaces ou moins toxiques. La chronothérapie tient compte
aussi de la succession, dans un ordre déterminé et pendant une durée
fixée, de plusieurs médicaments associés dans une chimiothérapie. Les
résultats de ces études sont encore limités et la chronothérapie reste
du domaine de la recherche fondamentale et clinique.
Chronothérapie :
Voir Chronobiologie.
Cicatrice :
La cicatrice succédant à une plaie peut, des années plus tard, se
cancériser. Propre à frapper l'attention, une telle circonstance a été
reconnue depuis longtemps mais elle est exceptionnelle.
Les cicatrices rétractiles, à la suite d'une brûlure et au niveau d'une
articulation, prédisposeraient à l'apparition d'un cancer par
l'intermédiaire de la traction opérée sur la peau lors des mouvements,
mais ces cicatrices sont aujourd'hui corrigées par la chirurgie
plastique. Après l'ablation d'un grain de beauté (nævus), l'apparition
d'un cancer sur la cicatrice signifie que le grain de beauté était déjà
transformé en mélanome : cette possibilité impose une analyse
microscopique de tout grain de beauté enlevé et une opération plus large
si une telle transformation est reconnue. Enfin une récidive d'un cancer
peut survenir sur une cicatrice après une opération qui n'a pas enlevé
complètement la tumeur : dans des cas limites, une radiothérapie
complémentaire évite une telle récidive locale.
Cigare :
Petit cylindre de feuilles de tabac enroulées les unes autour des
autres. Le cigare apporte une fumée cancérogène qui entraîne surtout des
cancers de la bouche et de la gorge. La fumée du cigare est
habituellement aspirée par petites bouffées et stagne dans la bouche
sans pénétrer dans la trachée et les bronches. Cela explique la
localisation des cancers des fumeurs de cigares.
Cigarette :
Apparue en France au début du XIXème siècle, la cigarette est peu à peu
devenue le principal mode de consommation du tabac et par là le premier
responsable des cancers qu'il provoque. La cigarette est devenue
de loin le premier facteur cancérogène, responsable en France de plus de
60 000 décès (soit 15% des décès et près de 30% des décès masculins). À
côté des maladies respiratoires et cardio-vasculaires, les cancers liés
au tabac représentent environ 40 000 morts annuelles et expliquent la
surmortalité masculine par cancers que l'augmentation du tabagisme
féminin.
La plupart des cancers provoqués par le tabac touchent les muqueuses
directement au contact de la fumée : bouche, gorge, bronches, etc.
Cependant, de même que l'oxygène, des produits toxiques de la fumée
passent dans le sang et vont imprégner tout le corps. Beaucoup vont
s'éliminer par l'urine, ce qui explique l'augmentation des cancers de la
vessie chez les fumeurs. Beaucoup d'autres tumeurs sont plus fréquentes
ou plus graves chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.
Le risque cancérogène dépend de la quantité consommée, grossièrement
comptée en " paquets-années " : un paquet de cigarettes fumé chaque jour
pendant dix ans fait 10 paquets-années. Le risque de cancer augmente
avec la quantité totale de tabac fumé mais aussi quand le tabagisme a
commencé tôt et avec son intensité : deux paquets par jour pendant
20 ans sont plus dangereux qu'un paquet quotidien pendant 40 ans. Il
dépend du type de tabac et de sa teneur en goudrons : dans les années
1950 il contenait en moyenne plus de 30mg de goudrons contre environ
17 mg au début des années 1990 en France, mais seulement 10 à 12 mg à la
même période aux États-Unis ou en Angleterre. La nature du papier
enveloppant les cigarettes a un rôle accessoire. La toxicité du tabac
dépend enfin de la façon de fumer, selon que l'on aspire profondément la
fumée qui parvient au niveau des petites bronches, selon qu'on l'avale
ce qui favorise les cancers digestifs et selon qu'on fume la totalité de
la cigarette ou une partie seulement. Les filtres atténuent un peu la
toxicité de la fumée mais disposent souvent le fumeur à fumer plus. Les
cigarettes roulées manuellement sont en général fumées moins
profondément et donnent plutôt des cancers de la bouche et de la gorge.
On sait aujourd'hui que les cigarettes dîtes "légères" sont aussi
toxiques que les autres.
Cinétique
cellulaire :
Voir Prolifération cellulaire.
Circoncision :
Pratique religieuse et culturelle, la circoncision a des justifications
sanitaires et réduit certains risques de cancer. Elle a d'abord marqué
l'appartenance à une communauté, dans l'Égypte ancienne puis
principalement juive et musulmane. Elle a ensuite été prônée pour des
raisons esthétiques, érotiques ou hygiéniques. Elle déborde aujourd'hui
les groupes religieux traditionnels pour toucher plus d'un milliard de
mâles dans le monde, souvent médicalisée en dehors d'un rite. La section
du prépuce qui recouvre le gland à l'extrémité de la verge améliore
l'hygiène de cette région, alors que le phimosis favorise au contraire
les cancers de la verge. La circoncision diminue aussi le risque de
cancer du col de l'utérus chez les partenaires sexuelles.
Cirrhose :
Sclérose fibreuse du foie qui devient dur et fibreux et qui favorise
l'apparition de cancer dans cet organe. En France, son origine est le
plus souvent une consommation excessive d'alcool, mais sa principale
cause dans le monde est l'hépatite virale. Ce dernier groupe
d'infections, favorisées par des conditions d'hygiène précaire, provoque
une atteinte du foie qui guérit en quelques semaines ou persiste,
devient chronique et induit l'apparition d'une cirrhose, notamment en
cas d'alimentation mal équilibrée. L'hépatite chronique et la cirrhose
prédisposent au cancer du foie (on dit qu'elles font " le lit du
cancer "). En France le cancer survient habituellement à un stade avancé
de la cirrhose et modifie peu une évolution défavorable et fatale. En
régions intertropicales le cancer du foie ou hépatocarcinome est une
tumeur fréquente et grave qui touche des sujets jeunes et contribue à
une bonne part de la mortalité par cancer. La prévention des hépatites
par de meilleures conditions d'hygiène et la vaccination, leur
traitement pour éviter leur évolution chronique devraient réduire la
fréquence des cirrhoses et secondairement celle des cancers qui en sont
une des plus graves complications.
Cisplatine :
Chef de file d'une des plus récentes familles de médicaments
anticancéreux, la seule fondée sur un métal lourd, il a entraîné de nets
progrès de la chimiothérapie. C'est en 1965 qu'est observée l'inhibition
de la croissance de bactéries Escherichia coli dans un milieu de
culture qui comporte des électrodes de platine. Plusieurs années sont
nécessaires pour synthétiser un produit utilisable, dont les premiers
essais chez l'homme commencent au début des années 1970 pour se
généraliser à la fin de la même décennie.
C'est un médicament voisin des alkylants qui se lie à l'ADN et empêche
sa transcription en ARN puis la synthèse de protéines. Il s'administre
par voie veineuse en perfusion brève et unique à la dose de 50 à
100 mg/m² répétée après trois semaines ou cinq jours de suite à la dose
de 15 à 20 mg/m² par jour. Le platine qui le compose est, comme d'autres
métaux lourds, toxique pour le rein ce qui impose d'apporter au malade
par la bouche ou les veines une quantité importante de liquide
(hyperhydratation). Le cisplatine est également toxique pour les
cellules du sang. Il présente enfin une toxicité nerveuse, notamment
pour le nerf auditif, exposant à une surdité.
C'est un produit actif dans de nombreuses tumeurs. Il a amélioré
considérablement les taux de guérison des cancers du testicule et, à un
moindre degré, de ceux de l'ovaire. Il a beaucoup renforcé la
chimiothérapie des carcinomes épidermoïdes des voies aérodigestives
supérieures, de l'œsophage, des bronches, du col utérin ou de la vessie
qui étaient, jusqu'alors, peu chimiosensibles. Il s'utilise également,
avec des résultats intéressants dans les cancers du sein et digestifs.
On l'emploie encore pour traiter les sarcomes, les cancers du rein ou
les mélanomes.
Clinique :
- abréviation pour parler des signes
ou symptômes cliniques qui peuvent être repérés par l'examen
clinique.
- établissement de soins médicaux ou
chirurgicaux, dépendant d'un système privé.
Clone :
On désigne par ce terme, l'ensemble d'une population cellulaire
engendrée à partir d'une seule cellule-mère : on dit que cette
population est monoclonale, ce qui s'observe pour la quasi-totalité des
cancers. Un clone tumoral possède en commun certaines propriétés de la
cellule initiale : caractère normal conservé par la cellule transformée
(comme la sécrétion d'une substance qui va constituer un marqueur),
anomalie accompagnant la transformation (comme une modification
chromosomique). Mais il peut comporter une certaine Hétérogénéité qui
apparaît notamment, au cours de l'évolution d'un cancer, en raison de la
progression tumorale : au sein du clone apparaissent des cellules ayant
de nouveaux caractères, les rendant plus malignes. Malgré l'extrême
diversité de ses composants, un organisme adulte (un homme, un animal)
dérivé d'une seule cellule, l'œuf, est monoclonal. Pour un cancer,
l'origine du clone malin est une cellule qui a subi la transformation
initiale lui donnant le potentiel cancéreux. La nature de cette cellule
donne au tissu tumoral des caractères, voisins de ceux du tissu normal
correspondant, qui permettent d'en déterminer l'origine et de classer
les cancers.
CNRS :
Centre National de la Recherche Scientifique. Regroupe de nombreux
laboratoires et unités de recherche en france. Cet organisme public a un
Département des Sciences de la Vie qui finance des projets de recherche
directement ou indirectement consacrés aux cancers.
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